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Les onze septembre ne se ressemblent pas

la guerre n’est pas le terrorisme

mardi 13 septembre 2011, par Jean-Pierre Combe

- Le coup porté le 11 septembre 1973 est un acte de guerre, porté par le commandement de l’armée des Etats-unis d’Amérique pour abattre l’entreprise démocratique conduite au Chili par Salvador Allende et assurer le meilleur service des intérêts des gros capitaux états-uniens.

- La destruction des tours de Manhattan, le 11 septembre 2001, est au contraire un acte terroriste, et nous ne devons pas nous laisser égarer par la « déclaration de guerre anti-terroriste » que Georges Bush a faite quelques jours après : par cette déclaration, le président des Etats-unis d’Amérique se servait de la poussière sanglante des tours, qui brouillait la vue du public, pour lancer son pays dans deux véritables guerres de plus, en Afghanistan et en Irak, qui n’ont en réalité aucunement gêné l’action de l’organisation désignée comme auteur de la destruction des tours.
- Nul ne saurait admettre ni excuser, sous aucun prétexte, l’attentat terroriste que fut la destruction des tours de Manhattan. Le soir même du 11 septembre 2001, je rédigeais un commentaire dans lequel je dénonçais la profonde erreur que feraient les membres des peuples s’il croyaient un seul instant que cette destruction, même si elle faisait cinq ou dix mille victimes (elle en a fait entre trois et quatre mille) pouvait ébranler l’impérialisme si peu que ce soit : en vérité, les chefs de l’impérialisme, les gros profiteurs capitalistes, ne vont pas dans ces tours : ils n’ont rien à y faire, ils ne font qu’y envoyer les personnels d’entretien, les agents salariés des opérations d’échange et les chefs de ces opérations.
- En vérité, ceux que la destruction des tours de Manhattan a tués sont presque exclusivement des exploités, des femmes et des hommes qui vivent mal parce que les capitalistes leur « tondent la laine sur le dos », je veux dire qu’ils leur confisquent presque toute la valeur de ce que crée le travail de leurs mains ! De plus, ceux qui ont été accusés d’avoir perpétré ces attentats étant ce qu’ils sont, il est important de noter que parmi les victimes, il y a des musulmans !
- J’écrivais aussi que si la destruction des tours gênait la circulation des capitaux pendant quelques semaines, ce serait bien tout, et qu’en au plus quelques mois, tous les circuits du prélèvement du profit seraient rétablis.
- Regardons les choses en face : c’est bien ce qui s’est passé !
- Je concluais que les terroristes, s’ils avaient eu l’intention de contribuer à la libération des peuples, s’étaient complètement trompés non seulement d’objectif, mais de méthode : mon opinion est en effet que le terrorisme n’est pas un moyen de la lutte de libération des peuples.
- Une telle lutte est d’abord politique, et s’il faut qu’elle en vienne à la violence, ce ne peut être qu’après que le peuple se soit majoritairement mobilisé pour sa libération, pour la faire aboutir : or, la terreur est certainement le plus gros obstacle à la mobilisation populaire, et le meilleur moyen de démobiliser les énergies libératrices, voire de les stériliser.
- Il est vrai que nous devons rappeler aux mémoires populaires le coup d’Etat sanglant du 11 septembre 1973 et la longue, très longue litanie des crimes perpétrés au Chili pour assurer le service des intérêts des très gros capitaux états-uniens, mais il n’est pas possible de comparer ce coup d’Etat avec la destruction, vingt-huit ans plus tard, des tours de Manhattan !

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