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Nous rectifions une information fausse diffus√©e par FR3 Limousin le 20 ao√ »t √ midi

Il n’y a pas de ¬« myst√®re K√§mpfe (ou Kempfe)¬ » !

31 ao√ »t 2012

samedi 8 septembre 2012, par Jean-Pierre Combe

- lire aussi Lettre √ FR3 Limousin
- De p√©riode en p√©riode, certains relancent les l√©gendes que les sp√©cialistes nazis de la guerre psychologique r√©pandaient au lendemain de leurs crimes terroristes dans les populations qui en √©taient victimes : c’est ainsi que FR3 Limousin, dans son √©mission d’informations du 20 ao√ »t 2012 √ 12 heures, a ramen√© un serpent de mer √ la surface des id√©ologies menteuses :

- ce serpent de mer fait de la disparition du chef d’une compagnie SS de la division Das Reich, nomm√© K√§mpfe (ou Kempfe), la cause qu’aurait voulu venger une autre compagnie SS en d√©truisant Oradour sur Glane.
- Nous avons toujours su qu’il n’en est rien : les enqu√™tes ont tr√®s t√īt r√©v√©l√© que la d√©cision de d√©truire Oradour a √©t√© prise dans l’apr√®s-midi du 9 juin 1944 au moins deux heures avant la capture de K√§mpfe par les FTP : l’existence d’un rapport entre la capture de K√§mpfe et le crime commis √ Oradour est un mensonge.
- R√©tablissons les faits : c’est dans la journ√©e du 6 juin 1944 que la division SS Das Reich a re√ßu la mission qui l’a amen√©e en Limousin le 8 juin 1944.
- Cette division avait √©t√© engag√©e sur le th√©√Ętre oriental de la guerre pour l’¬« op√©ration Barberousse¬ », avec la mission principale de la Waffen SS, qui √©tait d’appliquer la terreur aux populations civiles afin de prot√©ger les lignes arri√®res de la Wehrmacht (les Russes, Bi√©lorusses et Ukrainiens ne l’ont pas oubli√©) ; les pertes inflig√©es par l’Arm√©e rouge au corps de bataille nazi ont ensuite amen√© le commandement allemand √ employer les divisions SS dans leur mission secondaire, c’est-√ -dire dans la bataille : d√©cim√©e par les combats de Koursk, la ¬« Das Reich¬ » avait √©t√© retir√©e du th√©√Ętre oriental et mise au repos dans la r√©gion de Montauban ; depuis deux mois, elle y recompl√©tait ses effectifs et ses mat√©riels.
- Lammerding arrivant en France faisait figure de sp√©cialiste du terrorisme de masse ; pendant que ses subordonn√©s enseignaient aux nouvelles recrues de sa division l’application de la terreur, il r√©digeait un rapport sur les m√©thodes terroristes √ appliquer pour pacifier la France ; la veille du 6 juin, il avait rendu ce rapport, que le haut commandement allemand avait r√©percut√© dans toutes les unit√©s allemandes (pas seulement SS) stationn√©es dans notre pays ; ce rapport pose sans ambig√ľit√© le principe qu’il faut appliquer la terreur sans avoir aucun pr√©texte pour le faire.
- Face au d√©barquement alli√©, l’OKW (Etat-major g√©n√©ral allemand) assigna de nouvelles missions √ toutes ses unit√©s subordonn√©es : c’est ainsi que la division SS Das Reich re√ßut l’ordre de prendre position dans la r√©gion de Limoges ; l’OKW admettait alors que le d√©barquement de Normandie pouvait ne pas √™tre l’action principale de l’offensive alli√©e : la ¬« Das Reich¬ » devait √™tre en mesure de faire face √ trois hypoth√®ses de d√©veloppement des combats : ou bien le d√©barquement de Normandie √©tait la seule action de l’offensive alli√©e, ou bien il allait √™tre accompagn√© d’un tr√®s important d√©barquement sur la c√īte atlantique de notre pays, ou bien d’un d√©barquement massif de troupes a√©roport√©es dans les monts d’Auvergne et du Limousin ; apr√®s le 6 juin, l’OKW est rest√© plusieurs jours dans cette incertitude.
- La mission de la ¬« Das Reich¬ » en Limousin √©tait donc d’attendre et de pr√©parer sa nouvelle mission ; cela impliquait de mettre aux fers une population d√©j√ soulev√©e, de regonfler le moral de garnisons allemandes pr√™tes √ d√©poser les armes, et d’immobiliser pendant cinq jours le r√©giment m√©canis√© d’artillerie divisionnaire pour remettre ses v√©hicules chenill√©s en √©tat de combattre (sur les parcours routiers, les trains de roulement √ chenilles s’usent tr√®s vite). Il en r√©sulte que les premiers √©l√©ments de la ¬« Das Reich¬ » ne pouvaient pas quitter le Limousin avant que l’OKW, ayant compris l’offensive des alli√©s, lui ait assign√© sa nouvelle mission, ni avant que soit √©coul√© le d√©lai de cinq jours n√©cessaire √ la remise en √©tat des engins chenill√©s ; son d√©part s’est donc √©chelonn√© du jour o√Ļ la nouvelle mission lui arrivait jusqu’au jour o√Ļ le r√©giment d’artillerie divisionnaire √©tait remis en √©tat de reprendre la route (ou d’√™tre charg√© sur des wagons de chemin de fer). Pour cette division, il √©tait donc important de ¬« pacifier¬ » sa zone d’attente, au moins pour cinq jours.
- A cet effet, les r√®glements de la SS pr√©voyaient les mesures de terreur √ appliquer aux populations pour intimider les ¬« bandes arm√©es¬ », pour reconqu√©rir au profit de l’administration p√©tainiste les villes que la R√©sistance avait lib√©r√©es et pour rendre aux unit√©s nazies la libert√© de circuler dont l’insurrection les avait priv√©es.
- La ¬« Das Reich¬ » arrivait √ Brive le 8 juin, alors que les FTP combattaient victorieusement la garnison allemande de Tulle : pour entrer dans sa zone d’attente et la pacifier, la ¬« Das Reich¬ » devait d’abord terroriser Tulle et remettre les administrations de la ville dans la voie du p√©tainisme ; c’est l√ la raison, l’unique raison des pendaisons et des d√©portations op√©r√©es le 9 juin.
- En m√™me temps, un autre √©l√©ment de la ¬« Das Reich¬ » avan√ßait √ l’ouest de la nationale 20, jusqu’√ Saint Victurnien en Haute-Vienne ; il avait avec lui un officier pr√©curseur du r√©giment d’artillerie divisionnaire, dont la mission √©tait de d√©terminer le cantonnement o√Ļ serait immobilis√©e l’artillerie en vue de sa remise en √©tat de route. Afin d’assurer la tranquillit√© n√©cessaire √ cette op√©ration de cinq jours, il fallait en m√™me temps choisir un bourg proche du cantonnement et l’assigner √ une compagnie SS de fantassins comme objectif √ d√©truire a-priori, en arrivant ; ce double choix ne fut pas fait par le seul pr√©curseur d’artillerie, mais au cours d’une discussion qu’il a eue en milieu d’apr√®s-midi du 8 juin avec deux miliciens saint Juniauds dans un caf√© de la ville : le r√©giment serait cantonn√© √ Nantiat, et le bourg √ d√©truire serait Oradour sur Glane, situ√© √ 10 kilom√®tres de Nantiat ; la R√©sistance ne se manifestait pour ainsi dire jamais dans ce bourg paisible, et cela garantissait aux SS qu’ils n’auraient pas √ combattre : telles sont les raisons, les seules raisons, du martyre d’Oradour sur Glane.
- Toujours dans la journ√©e du 8 juin, le r√©giment ¬« Der F√ľhrer¬ », fon√ßait en direction du nord-est sans s’arr√™ter √ Limoges : sa mission √©tait d’assurer, toujours par les m√™mes moyens, la s√©curit√© de la division face √ l’est, c’est-√ -dire de tenir les routes conduisant de Limoges √ Clermont-Ferrand, par Gu√©ret et par Bourganeuf. Gu√©ret venait d’√™tre lib√©r√©e par la r√©sistance : le r√©giment ¬« Der F√ľhrer¬ » participa √ sa reconqu√™te en coupant les retraites des r√©sistants vers l’ouest et le sud-ouest. Sur cette derni√®re direction, une compagnie de ce r√©giment, command√©e par Helmut K√§mpfe, a pris position au carrefour de Combeauvert, face √ la direction de Gu√©ret ; l√ , elle arr√™te plusieurs v√©hicules et massacre leurs occupants dont beaucoup sont sans armes ; lorsque vient midi, elle a fait trente et un morts.
- Dans l’apr√®s-midi, K√§mpfe quitte sa compagnie et gagne Gu√©ret, puis en revient ; il voyage seul dans une voiture d√©capotable ; arrogance ? Accorde-t-il foi aux r√®glements de manoeuvre SS, selon lesquels l’√©tendue r√®glementaire des massacres assurerait l’impunit√© des criminels SS ? Au cr√©puscule, il tombe dans une embuscade tendue par un groupe FTP. Ceux-ci savent ce qu’est le r√©gime hitl√©rien, ce qui s’est pass√© √ Combeauvert ; d√®s le lendemain, la nouvelle des pendaisons de Tulle se r√©pand, et le surlendemain, le vent d’ouest apporte √ tout Limoges l’odeur des chairs br√ »l√©es ; les FTP savent compter les galons et les √©toiles et mesurer les feuilles de ch√™ne sur les uniformes : ce SS a command√© le crime de guerre commis dans la matin√©e √ Combeauvert, et sans doute beaucoup d’autres ; il doit √™tre jug√© ; deux jours apr√®s sa capture, son proc√®s est fait et l’ex√©cution imm√©diate. Quant √ ceux qui voudraient lui rendre hommage, on ne les renseignera jamais ; jamais !
- Voil√ ce qui s’est pass√© : il n’y a jamais eu de ¬« myst√®re K√§mpfe¬ » !

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