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Contribution à la recherche de la paix en Ukraine

vendredi 5 août 2022, par Jean-Pierre Combe

Faire la paix est possible : pour cela, il faut résoudre les problèmes politiques posés au moment où la guerre a commencé, ceux que les belligérants tentent de résoudre au moyen de la guerre, en prenant pleinement en compte l’évolution de ces problèmes due à la guerre elle-même : pour faire la paix, il faut donc faire preuve de lucidité.

Soyons lucides et examinons cette guerre : la presse d’argent, dont les média ont seuls, à très peu près, la parole dans notre pays, date son début de l’intervention de l’armée russe en Ukraine, qui a commencé le 24 février 2022, voici maintenant six mois.

En engageant son armée en Ukraine, le gouvernement russe tentait de résoudre des problèmes que le président de la Russie a clairement exposés le 23 février 2022 : il s’agissait de briser l’encerclement toujours plus étouffant dans lequel l’OTAN, coordonnant l’action des Etats-unis d’Amérique et de tous leurs alliés, enfermait la Russie depuis quelques décennies.

Telle était la situation politique, non seulement en Ukraine, mais en Europe, lorsqu’a commencé l’intervention de l’armée russe en Ukraine.

Il est avéré aujourd’hui, cinq août 2022, que cette intervention a heureusement brisé net la préparation par le gouvernement ukrainien, sous la direction de l’OTAN, d’une offensive militaire dont l’objectif était d’écraser, de rayer de la carte les républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

À tous les moments de toute guerre, sa réalité s’inscrit dans la nature et dans les positions des forces combattantes, dans le déroulement des combats, ainsi que dans la vie des populations habitant le théâtre de guerre.

Voyons d’abord la vie des habitants du théâtre de guerre : il est certain que la guerre leur cause une misère incommensurable : incommensurable, cela signifie qu’il est impossible d’en donner la mesure. Ce n’est qu’après la fin des combats, quand la paix sera revenue, qu’il sera possible de commencer l’évaluation de cette misère ; et encore, cette évaluation ne pourra être qu’approchée de très loin !...

Il est donc inutile d’empiler les dizaines de milliers de morts, de massacres, de destructions, avec la catastrophe écologique et l’exil massif des habitants : cet empilement ne peut servir dans notre pays qu’à nous donner l’illusion de savoir que cette population ne peut qu’attendre passivement un règlement qui lui viendra d’en haut, ce qui est la thèse diffusée chez nous par les média totalitaires, tous favorables à l’action de l’OTAN.

Or, cette thèse est fausse : les habitants de ce théâtre de guerre ne sont pas passifs, mais cherchent leur propre voie vers la paix.

En même temps, nos média s’attachent à maintenir sur l’OTAN et sur l’UE le préjugé selon lequel l’OTAN agirait dans le sens de la paix.

Mais ce préjugé est de plus en plus difficile à défendre : de plus en plus d’observateurs occidentaux reconnaissent que l’effort de guerre sous le drapeau jaune et bleu n’est pas un effort ukrainien, mais OTANien et Etats-unien, comme le souligne l’énormité financière de l’« aide » accordée par les USA à l’armée de Zélenski !...

Cette évolution des jugements des observateurs occidentaux transparaît dans les média, mais elle traverse difficilement la censure totalitaire qui fait régner l’ordre dans notre pays.

Une chose est vraie et doit être soulignée : c’est que les habitants de l’Ukraine n’ont pas voulu cette guerre : alors, comment leur a-t-elle été imposée ?

En prétendant qu’ elle aurait commencé le 24 février 2022, la presse d’argent tente de faire croire que la paix régnait en Ukraine avant cette date : mais n’allez pas dire cela aux habitants de l’Ukraine : leur pays est ravagé depuis le début de 2014 par la guerre dont le premier acte est l’aggression constituée par le coup de force sanglant du Maïdan, qui a reçu la contribution ostensible d’envoyés de l’Union Européenne (Bernard-Henri Lévy et d’autres...) et des USA (Victoria Nuland et d’autres...). 

Cette guerre n’a pas commencé le 24 février 2022, mais au cours de l’hiver 2013-14 ! Depuis le coup de force du Maïdan, les forces paramilitaires et parapolicières soutenues par l’OTAN et par les USA (bataillons AZOV, AÏDAR, Pravyi Sektor (secteur de droite), Bandéristes, division SS Galitchina,...) ont commis des massacres et des crimes terroristes dans toute l’Ukraine, d’Oujgorod (à l’extrême-ouest) à Donetsk (à l’extrême-est), d’Odessa (au sud) à Tchernigov (au nord), de Marioupol à Lvîv...

Qui fait la guerre en Ukraine ?

Il est clair depuis le coup de force du Maïdan que l’OTAN, l’Union européenne et les USA s’impliquent dans la guerre : les forces paramilitaires et parapolicières fascistes ne sont que leur « bras armé », quand bien même leurs membres parleraient ukrainien !... Quant aux gouvernements siégeant à Kiev et dont le pouvoir tient du miracle bien organisé de fausses élections, leur seule action consiste à signer des directives pensées dans les administrations occultes de l’Union Européenne et au Pentagone, et transmises par le canal de l’OTAN...

Beaucoup, peut-être même tous les membres fondateurs des bataillons coupables des massacres commis dans toute l’Ukraine depuis 2014 avaient été recrutés aux Amériques parmi les fils et petits-fils des bandéristes, des SS de la division Galitchina, exfiltrés d’Europe à la fin de la deuxième guerre mondiale grâce aux réseaux de la CIA, ce qui les avait sauvés du jugement et du juste châtiment de leurs crimes.

Aujourd’hui, l’armée combattant sous la bannière jaune et bleue ne compte presque plus de citoyens ukrainiens nés en Ukraine et mobilisés, mais en nombre de plus en plus grand, des mercenaires étrangers à l’Ukraine, en général recrutés dans les formations violentes d’extrême-droite de toute l’Union européenne.

Ces bataillons nazis et fascistes que l’OTAN manipule et que l’Union européenne soutient matériellement, qui combattent-ils ?

La population de Crimée a heureusement su s’organiser pour échapper à cette saignée !...

Les milices qui s’opposent depuis 2014 aux bataillons manipulés par l’OTAN se sont formées contre le fascisme, et non pas pour la Russie : elles n’ont jamais été « pro-russes » !...

Ce n’est pas seulement pour réprimer les milices antifascistes assez faibles pour être vaincues que les bataillons fascistes mettent toute l’Ukraine à feu et à sang : leur misson première, prioritaire, est de prévenir la formation d’un mouvement populaire antifasciste puissant  !... C’est donc toute la population de l’Ukraine que les bataillons fascistes terrorisent sciemment et méthodiquement, renouvelant les méthodes appliquées autrefois, déjà à grande échelle, par les SS hitlériens...

Vers la paix !

Les accords de Minsk étaient une tentative de mettre fin à cette folie ; mais les gouvernements ukrainiens n’en ont tenu aucun compte ; Monsieur Zélenski pas plus que ses prédécesseurs, alors qu’il s’était fait élire pour les mettre en œuvre : la guerre antipopulaire du fascisme ravage sans trêve toute l’Ukraine et pas seulement le Donbass !

Non ! L’Ukraine n’a pas connu la paix entre février 2014 et février 2022.

Non ! La Russie n’a pas déclenché cette guerre : en février 2022, elle a envoyé son armée intervenir dans une guerre en cours, et ce n’est pas la même chose : nous pouvons seulement, et nous devons, nous poser la question de savoir si elle aurait pu faire autrement.

Aujourd’hui, la situation politique est très différente de ce qu’elle était en février 2022 : il ne serait pas raisonnable de proposer aux forces combattantes de revenir sur leurs positions de départ pour faire la paix :

  • D’abord, ce serait nier absolument aux habitants du théâtre de guerre tout droit de dire quelle paix ils accepteront ; envers les pacifistes ukrainiens comme envers tous les Ukrainiens victimes de la terreur fasciste, ce serait une véritable trahison.
  • Ensuite, ce serait attribuer aux fascismes en général un droit d’autorité sur les peuples : ce droit d’autorité, notre devoir historique est de le leur dénier absolument.

Les accords de Minsk ne sont donc pas une bonne base pour des discussions de paix.

Qui doit cesser le feu ?

  • D’une part les forces qui combattent sous la bannière jaune et bleue ;
  • d’autre part les forces de l’alliance des milices du Donbass et de l’armée russe.

Où les forces belligérantes doivent-elles stationner lorsque le feu aura cessé ?

  • Sur place hors de tout retranchement !

Qui doit participer aux discussions ?

  • Du côté jaune et bleu, l’OTAN et le gouvernement siégeant à Kiev ; les évènements de cette année ont rendu clair que les USA se sont impliqués dans le soutien au gouvernement de Zélenski à un niveau qui fait de cet Etat un belligérant : il devrait donc être membre de la délégation jaune et bleue à ces discussions.
  • Du côté de l’alliance des milices du Donbass et de l’armée russe, les gouvernements des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, qui ont montré dans cette guerre que ces républiques sont une réalité ; et le gouvernement russe, évidemment.
  • Les onze partis politiques des peuples de l’Ukraine que le gouvernement de Kiev a interdits : ils ne doivent pas être intégrés dans une des deux autres délégations ; ils doivent participer activement à la définition de la paix, et signer le traité final pour donner à ce traité la seule caution démocratique qui puisse valoir actuellement.

Qui peut servir de médiateur dans ces négociations ? Toute médiation doit appartenir à l’ONU et exclure l’OTAN, qui est l’autorité belligérante du côté jaune et bleu, exclure aussi l’Union européenne ainsi que les USA qui ont clairement pris le parti jaune et bleu par leur énorme soutien matériel.

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