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Malgré les idéologies

Comprendre la réalité du développement de nos enfants !

30 juillet 2023

lundi 11 novembre 2024, par Jean-Pierre Combe

Les romans, bien ou mal écrits, ne sont jamais neutres en matière d’idéologie.

Le roman d’un auteur écrit dans une totale sincérité ; n’est jamais totalement mauvais, et de plus, les idées de ce roman, même réactionnaires, reflètent assez bien le moment idéologique de son écriture.

Ainsi, Karl Marx avait une très haute opinion de l’œuvre de l’écrivain royaliste Honoré de Balzac... La littérature est une discipline complexe dont les meilleurs œuvres tendent à être aussi riches, c’est-&-à-dire aussi contradictoires que l’est la vie elle-même.

Le cinéma d’auteur est souvent au méme niveau de complexité, mais le cinéma est tout à la fois un art et une industrie : plus la production des œuvres cinématographiques et audio-visuelles est influencée par l’industrie, et plus ce niveau diminue : cela ne doit pas nous étonner...

Je veux parler ici de l’idéologie véhiculée par la série TV germano-danoise les Enquêtes de Dan Sommerdahl : dans l’épisode diffusé dimanche 25 (ou 18) juillet 2023 à 21 heures 10, l’enquête se déroule sur le territoire d’une école où une personne est morte, puis une autre : les spectateurs découvrent à la fin que la personne coupable est une élève de l’école, qui se croit un garçon né dans le mauvais corps, le corps d’une fille, et qui est à la recherche des moyens de financer l’opération chirurgicale qui la dotera des organes sexuels d’un garçon. Les dernières répliques de l’épisode sont écrites de manière à persuader les spectateurs que la coupable, avec son corps de fille, était réellement un garçon !...

Beaucoup d’entre nous considèreront comme insensée la thèse fondatrice de ce scénario... Pourtant, il a été écrit, tourné et il est en cours de diffusion...

Compte tenu de la masse de mensonges que la pression idéologique nous fait avaler depuis des années, il faut d’abord examiner la thèse sous-jacente selon laquelle le corps du bébé ne serait pour rien dans la détermination du genre d’un être humain, ou, si vous préférez, selon laquelle un bébé deviendrait un garçon ou une fille indépendamment de la configuration sexuelle de son corps.

Cette thèse est contraire à toutes nos pratiques en matière d’éducation des enfants : ceux qui la propagent ont-ils des raisons susceptibles d’invalider nos pratiques ancestrales ? Peuvent-ils réfuter la connaissance théorique que nous pouvons fonder sur nos pratiques ?

Que savons-nous en effet du développement des enfants depuis leur naissance jusqu’à leur àge adulte ?

Lors de la naissance, le nourrisson existe depuis neuf mois en tant que fœtus dans le ventre de sa mère ; le milieu où il s’est développé est protégé, mouvant et bruyant : le fœtus est entraîné dans tous les mouvements de sa mère ; il entend sa voix, les battements de son cœur et divers autres bruits de son corps ; des bruits et des sons de l’extérieur lui parviennent aussi, tels que les paroles d’autres personnes, les bruits de la nature ou de la ville, les musiques et les chants... : telle est l’ambiance dans laquelle le fœtus baigne jusqu’à la naissance du bébé.

Nous devons comprendre que les premiers neurones du fœtus se forment dans cette ambiance : leur fonction de produire des influx nerveux dans les dendrites de leur corps neuronal et de les transmettre jusqu’aux dendrites terminaux de leur axone commence au moment même de la division cellulaire qui les produit.

Les neurones commençant de se former dès avant la sixième semaine de la gestation, leur formation accompagne dès ce moment la formation de tous les organes du fœtus, de telle manière que les terminaisons (corps neuronaux, ramifications terminales des axones, dendrites des uns et des autres) prennent leur place pertinente dans son organisme, et que bientôt, les organes sensitifs comportent leurs corps neuronaux et leurs dendrites, et les organes moteurs (les muscles) comportent leurs plaques motrices et les ramifications terminales des axones qui les innervent : pendant toute sa formation, l’encéphale est parcouru d’un courant d’influx nerveux sans cesse alimenté par les influx provenant des corps neuronaux des organes sensitifs, et qui ne cesse jamais d’émettre des influx nerveux dans les axones moteurs, vers les plaques motrices.

Il s’ensuit que les images mentales de tous les organes du fœtus se forment avant la naissance du bébé dans le mouvement des influx nerveux de l’encéphale : nous pouvons donc en dire plusieurs choses :

  • le mouvement d’influx nerveux de l’encéphale est entièrement déterminé par la formation de tous les organes du fœtus et par l’ambiance de mouvements et de sons du corps de sa mère et du milieu dans lequel elle-même vit ;
  • ce mouvement ayant accompagné en détail et milli-seconde après milli-seconde toute la formation et la croissance du fœtus et de chacun de ses organes, s’est constitué en une représentation mentale exacte du corps qui va être mis au monde ;
  • le mouvement d’influx nerveux de l’encéphale du nourrisson est donc totalement informé de la disposition de ses organes sexuels : nous pouvons dire que lorsque le nourrisson pousse son premier cri, son cerveau est informé de sa nature physique de fille ou de garçon ;
  • le mouvement ainsi constitué des influx nerveux de l’encéphale de l’être humain que va devenir le nourrisson reçoit ensuite et jusqu’à sa mort toutes les sensations que lui imprime son milieu de vie ; il émet ensuite tous ses appels et reçoit toutes les réponses des personnes qui l’entourent ;
  • cette influence du milieu, ces appels et ces réponses sont les moments du processus qui forme la personnalité de la femme que deviendra la fille, ou de l’homme que deviendra le garçon qui viennent de naître.

Rétablissons la vérité

La naissance du nourrisson est le moment à partir duquel ses organes sensitifs perçoivent directement les excitations de l’environnement de sa mère et transmettent à son encéphale les influx nerveux qui en sont porteurs ; à partir de ce moment, le mouvement d’influx nerveux de l’encéphale du nourrisson, constamment informé de la vie sociale de sa mère, développe en son sein l’esprit de l’enfant qu’il devient, dont un mouvement sera bientôt sa conscience d’être : les données matérielles sur lesquelles il fondera sa conscience sexuelle sont présentes dès la naissance dans le corps et dans le mouvement des influx nerveux de l’encéphale du nourrisson.

En résumé, dès la naissance, l’encéphale du nourrisson « sait » parfaitement ce qu’il en est de son sexe : aucune fille ne naît dans le corps d’un garçon, et aucun garçon ne naît dans le corps d’une fille  : décrire de cette manière le mal-être que ressent éventuellement (et momentanément) un enfant qui achève son enfance, c’est aggraver ce mal-être, c’est l’orienter vers de fausses solutions extrêmement dangereuses et mutilantes que proposent la médecine et la chirurgie ; il est criminel de prétendre que le corps ne serait qu’un habit retouchable de la personnalité humaine !

Nous savons donc que le bébé qui naît avec un sexe de fille est réellement une fille, et que celui qui naît avec un sexe de garçon est réellement un garçon ; voyons maintenant quelles sont, au cours du développement réel depuis le tout-petit enfant jusqu’à l’être humain, les étapes de la formation de la conscience sexuelle de l’enfant, qui sont celles de la conscience d’être une fille, puis une femme, et celles de la conscience d’être un garçon, puis un homme.

N’étant pas spécialiste de la psychologie, je fonde mon raisonnement dans les observations que j’ai pu faire pendant les soixante-dix dernières années de ma vie, et je fais référence à ma lecture déjà ancienne de l’ouvrage du docteur Bernard Muldworf, Vers la Société érotique, qui expose la succession de ces étapes en un langage accessible au commun des mortels.

Le développement affectif de l’enfant, première étape

Dans tous les pays à société d’inégalités, la violence des rapports sociaux, c’est-à-dire de l’exploitation des travailleuses et des travailleurs par les propriétaires des capitaux, conditionne le développement affectif de l’enfant jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte et au-delà : elle conditionne d’abord son amour premier pour sa mère, puis tous les développements de cet amour premier en direction des membres de sa famille autres que sa mère.

La mère de l’enfant lui apporte d’abord sa physiologie, dont le fœtus, puis l’allaitement au sein, sont deux mouvements.

La naissance d’un bébé ne remplace pas le mouvement des influx nerveux de son encéphale par un autre : ce mouvement reste le même, alimenté par les mêmes organes sensitifs : le seul effet de la naissance est que les organes sensitifs du bébé cessent de percevoir à travers le corps de sa mère les excitations du monde environnant ; cela étant, le nourrisson est encore lui-même une partie du corps de sa mère ; il ne prend pas spontanément connaissance de sa mère : il est sa mère  ; l’amour du nourrisson pour sa mère est fusionnel ; le nouveau-né reste dépendant par le fait que sa musculature est trop faible pour qu’il puisse se nourrir, se tenir propre et se déplacer lui-même.

Après la naissance, l’allaitement au sein constitue le dernier lien physiologique du bébé à sa mère ; les soins d’hygiène qui lui sont nécessaires peuvent lui être prodigués par d’autres personnes, notamment par l’homme qui aime suffisamment sa mère pour l’aimer lui aussi.

Le mouvement des influx nerveux de l’encéphale de l’enfant conserve jusqu’à ce qu’il devienne adulte et au-delà la trace amoureuse de ses rapports physiologiques à sa mère.

Il faut bien noter que l’amour fusionnel du nourrisson pour sa mère est homosexuel ou hétérosexuel selon que le nourrisson est une fille ou un garçon.

Deuxième étape : l’intrusion du père

Le père géniteur n’a pas apporté d’autre élément physiologique à l’enfant qui va naître que le spermatozoïde dont la réunion à l’ovule a formé l’œuf : les divisions de l’œuf qui forment le fœtus sont des processus physiologiques du corps de la mère dans lesquels le père n’intervient pas ; c’est après la naissance que commence l’apport du père à l’enfant.

Cet apport est relationnel, donc étroitement conditionné par les rapports sociaux.

L’homme qu’il y a lieu d’appeler le père est celui qui aime suffisamment la mère pour aimer ses enfants du même mouvement ; dans les sociétés européennes modernes, il est l’amant de sa mère ; ses gestes d’amour tiennent le nourrisson à l’écart, perturbant l’essence même de leur relation ; les éventuels sœurs et frères du bébé requièrent aussi l’attention amoureuse de la mère au point de tenir le nourrisson à l’écart ; le nourrisson tente d’englober le père et la fratrie dans la fusion amoureuse qui l’unit à sa mère : mais il n’y parvient pas.

Le père, les sœurs et frères du nourrisson resteront en effet toujours différents de sa mère, ne serait-ce que par le toucher, par l’odeur, par le son de la voix et par le fait qu’aucun ne lui donne le sein : ce sont des intrus dans la relation du nourrisson et de sa mère ; les gestes d’amour qu’ils adressent au bébé sont d’une autre nature.

Le nourrisson se manifeste à eux par des mimiques et des cris, puis par des gestes ; ce sont d’abord des imitations répondant aux signes qui lui sont adressés ; ce seront bientôt de véritables imitations gestuelles ou vocales par lesquelles le tout-petit enfant s’efforce de ressembler à ses « interlocuteurs », et qui expriment la première forme de sa prise de connaissance d’autrui : l’imitation vocale est le processus initial de l’apprentissage de la parole par l’enfant .

Le père, les sœurs et les frères jouent le même rôle dans le développement vers autrui de l’amour premier qui unit le nourrisson à sa mère : celui d’être l’objet des ses vaines tentatives d’identification ; l’enfant résout la contradiction de cette vanité en prenant connaissance de son père, de ses sœurs et de ses frères en même temps qu’ils font sa connaissance : c’est pour cette prise de connaissance réciproque que le nourrisson apprend à parler ; la connaissance et la parole se forment dans l’essence de l’amour premier comme deux de ses mouvements composants .

La mère participant à ces échanges de signes vocaux, l’enfant élargit vers la parole sa communication avec elle : l’intrusion du père, de ses sœurs et de ses frères dans l’amour premier du bébé et de sa mère dissout son caractère fusionnel en le dotant du moyen de communication amoureuse qu’est la parole ; ce faisant, cette intrusion libère le développement affectif du nourrisson ; bientôt sevré [1], celui-ci devient un enfant ; l’amour qui porte l’enfant vers son père est hétérosexuel ou homosexuel selon que l’enfant est une fille ou un garçon.

Troisième étape : le monde, ce n’est pas seulement la famille

La prise de connaissance de son père et de sa fratrie par l’enfant a initié chez lui un mouvement d’ouverture plus général : la curiosité.

L’enfant commence à parler : ses parents et ses proches parlent sans cesse autour de lui de toutes sortes de sujets ; ils parlent aussi de lui ou s’adressent à lui ; ils nomment les objets [2] qui l’entourent et sur lesquels se porte son regard ; lorsqu’ils l’écoutent, ce qu’ils ont de mieux à faire, c’est de lui répondre directement et sincèrement [3], sans simplifier leurs réponses : bébé comprend ce qu’il peut, le reste passe en lui laissant en mémoire des traces qui ne l’encombrent pas.

L’enfant sort de sa maison, toujours en compagnie de quelque parent : son apprentissage simultanément visuel et verbal des objets continue ; il ne rencontre encore guère d’autres partenaires que ses parents et sa fratrie ; sa curiosité le porte d’un même mouvement à les connaître et à les aimer d’amour ou de la très proche variante de l’amour qu’est l’amitié.

Bientôt, il va fréquenter une institution extérieure à la famille (garde d’enfant ou crèche, école maternelle, école, puis collège,...) ; de nouvelles personnes éveillent sa curiosité : autres enfants, adultes qui encadrent les enfants ; il noue avec elles, puis dénoue de nouvelles connaissances, amitiés et amours ; ainsi s’étend son aventure affective.

Qu’elles soient homosexuelles ou hétérosexuelles, les amours enfantines sont simplement des amitiés plus intenses ; les amours et les amitiés des enfants sont nombreuses, généreuses, variées et brèves ; ce sont en fait des processus de prise de connaissance qui s’étiolent lorsque les mystères de l’autre sont élucidés.

Conditionnant tout cela, la violence des rapports sociaux marque durablement et diversement les développements affectifs de l’enfant.

Quatrième étape : le mal-être de la fin de l’enfance, l’adolescence

Entre dix et seize ans, les transformations de leurs corps posent aux enfants de nouvelles questions sur eux-mêmes et sur leurs amis : cette amie, cet ami, quelle personne va-t-elle, va-t-il devenir ? L’aimerai-je encore ? Et moi, va-t-elle, va-t-il encore m’aimer ?

Ces profonds et inquiétants mystères de l’adolescence sont la cause du mal-être des enfants qui approchent de l’adolescence : ils sont en effet différemment perturbés selon que leur amour-amitié du moment est homosexuelle ou hétérosexuelle :

  • dans le premier cas, les corps des deux partenaires se transforment en continuant de se ressembler ; cette ressemblance les rassure ;
  • alors que dans le second cas, leurs différences sexuelles deviennent rapidement évidentes, les obligeant à modifier leurs comportements réciproques ; cette obligation les éloigne l’un de l’autre en même temps qu’elle les rapproche en éveillant du même mouvement leur curiosité et leur désir de connaître et d’aimer (d’amitié autant que d’amour).

Le mal-être des enfants pré-adolescents et adolescents perturbe leurs relations sociales jusqu’au sein des institutions qu’ils fréquentent : leurs familles, les écoles, collèges et lycées, les chorales, les écoles de chant et de danse, les associations culturelles et sportives, les institutions religieuses (églises, mosquées, synagogues, temples,...) etc... :

  • chaque religion prétend répondre aux besoins du développement des enfants jusqu’à l’âge adulte en pliant leurs comportements futurs à son code moral : leurs enseignements sont des dogmes structurés, péremptoires, partiellement identiques et exclusifs l’un de l’autre ;
  • au sein de leurs familles, chacun des parents, sœurs et frères leur manifeste au jour le jour son intérêt en les aidant selon son expérience de la vie à résoudre ses problèmes quotidiens ;
  • élève du système scolaire français entre 1947 et 1962, j’ai connu des enseignantes et des enseignants qui s’efforçaient de nous dispenser des enseignements répondant bien à notre besoin de développement intellectuel, mental et physique ; plusieurs disciplines y concouraient particulièrement, notamment l’histoire naturelle, l’éducation physique et la littérature ; la substitution de séances de sport [4], trop spécialisées, à l’éducation physique a beaucoup diminué la contribution scolaire au développement des élèves ;
  • les chorales et écoles de chant affectent garçons et filles aux différents pupitres selon leurs voix, qui sont différentes ; les écoles de danse n’enseignent pas les mêmes gestes aux garçons et aux filles ; les enseignements de ces institutions rendent les enfants maîtres de leur voix ou de leurs mouvements ; grâce à cette maîtrise partielle, ils affrontent leurs moments critiques dans de meilleures conditions.

Prenons une minute pour rêver de l’avenir  : dans une société dont tous les membres jouiront de droits égaux, aucune hiérarchie ni aucune discrimination n’interdira à l’un de ses membres, quel que soit son âge, de recourir à l’aide d’autrui en vue d’affronter un moment critique de sa vie : ainsi, les enfants pré-adolescents ou adolescents en proie au mal-être banal à leur âge trouveront en toute occasion quelque adulte digne de leur confiance et disponible pour la conversation qui les aidera à comprendre leur crise, puis à rassembler leurs énergies en vue d’accomplir les efforts de compréhension et de connaissance de soi nécessaires pour la résoudre.

Dans l’engagement de ces efforts et avant même de les avoir mesurés, ils pourront accepter le renfort d’un « autre », pourvu que son amitié, même amoureuse, soit la moins inquiétante possible : dès aujourd’hui, l’expérience nous montre que cette première amitié de la fin de l’enfance est souvent homosexuelle ; mais les ressemblances de deux êtres de même sexe font que cet « autre lui-même » est bientôt trop connu pour être d’une aide véritable : mon partenaire du même sexe que moi me ressemble tellement que j’en ai trop vite fait le tour !

Sans avoir besoin d’évincer la composante amicale de sa première amour-amitié préadolescente, l’adolescente ou l’adolescent éprouve bientôt le besoin d’une expérience différente ; les amours-amitiés hétérosexuelles et homosexuelles aussi brèves l’une que l’autre peuvent alterner : l’autre de l’autre sexe s’avère moins différent de moi que ce que j’attendais !

Dans une société dont tous les membres jouiront de droits égaux, la curiosité conduira la succession des amours-amitiés enfantines, puis adolescentes, en renouvelant à chaque étape le désir de connaître en même temps que le désir d’aimer, mais aussi en formant pour chaque enfant un parcours au cours duquel il élabore en relation avec sa physiologie son être-féminin ou son être-masculin, c’est-à-dire aussi la maîtrise de son identité sexuelle.

Ce long moment de curiosité sera satisfait lorsque l’enfant, ou l’adolescente, ou l’adolescent, ou l’adulte, aura triomphé de la peur de l’autre sexe , et trouvé un partenaire dont l’amour les entraînera tous les deux vers l’avenir, leur ouvrant le champ de mystères le plus vaste qui soit, qui se renouvelle sans cesse au rythme de la vie avec la vie professionnelle, la naissance des enfants, la formation du groupe familial, l’effort et la revendication de vivre dignement... cet amour-là a beaucoup de très fortes raisons d’être hétérosexuel.

Retenons que somme toute, le mal-être des enfants en fin d’enfance est très banal, et que leur personnalité est richement dotée de la curiosité qui, dans leurs moments critiques, les porte à questionner leurs proches, et à écouter leurs réponses.

Revenons au présent réel  : une grande différence sépare ce rêve d’avenir de la réalité du temps présent : c’est l’exploitation capitaliste, ce sont les institutions et discriminations sociales grâce auxquelles la grande bourgeoisie propriétaire des capitaux exploite la force de travail de la population ouvrière et maintient tous les rapports humains interindividuels sous l’empire de la violence sociale, les soumettant aux contraintes de toutes les hiérarchies et discriminations et réduisant à presque rien la disponibilité sociale des membres de la société.

La violence sociale entrave l’ensemble du développement affectif de nos enfants

L’affectivité des enfants se développe jusqu’au-delà de la fin de l’adolescence en une succession de moments critiques : la première entrave à ce développement est le manque de disponibilité des adultes proches des enfants, qui tardent à prendre conscience de leur difficulté et peinent à se dégager pour leur répondre : cela isole les enfants pour des périodes plus ou moins longues qui peuvent engendrer et nourrir un malaise.

Le malaise des enfants pré-adolescents et adolescents ne consiste pas dans les oscillations de leur préférence sexuelle, mais dans les significations qu’elles prennent en manifestant la peur du statut futur, la peur d’accoucher pour les adolescentes, la peur du service militaire s’il est obligatoire, la peur de ne pas savoir élever ni éduquer les enfants que l’on aura fait naître, la peur d’être le « chef de famille » si ce concept est socialement actif,...

Contre ce malaise, les enfants ressentent jusqu’à la fin de l’adolescence un besoin d’aide qui les ouvre aux théories que diffuse la presse d’argent écrite, audio-visuelle et numérique : ces théories vite lues ne demandent pas que l’on y réfléchisse et donnent de fausses explications tendant à faire admettre que l’état actuel des rapports sociaux est intangible : ces théories tendent à les enfermer dans une impasse mentale [5] qui les prive de leurs défenses lorsqu’approche la guerre.

La guerre, nous le savons tous, abolit toutes les lois et laisse libre cours aux rapports de force ; la seule liberté qu’elle laisse subsister est celle d’exercer la violence et de donner la mort ; elle exacerbe ainsi la violence sociale sur tous les plans, économique, moral, culturel : lorsqu’elle menace ou s’approche, notamment lorsqu’adviennent les lois d’exception, les lois d’urgence ou la loi martiale [6], et fût-ce dans un pays voisin du pays voisin, la peur de l’avenir aggrave la crise sociale et politique et porte la violence sociale au niveau du pire drame collectif.

En présence de la guerre, la dévastation de la culture atteint l’affectivité et la sexualité de tous les enfants en les confrontant à la circulation de schémas sociaux fallacieux et faussement théoriques que la peur engendre et stimule.

En principe, certaines institutions ont pour fonction d’apporter aux enfants l’instruction et l’aide éducative dont ils ont besoin ; mais la mission que ces institutions tiennent de l’Etat bourgeois est de maintenir et de renforcer les discriminations et les hiérarchies sociales : c’est pourquoi les jeunes filles et les jeunes gens n’y trouvent qu’une aide ambiguë.

Par exemple, les institutions éducatives qui séparent leurs élèves selon les sexes favorisent grandement leurs relations homosexuelles ; lorsque s’achève chacune de leurs amour-amitiés, les élèves de ces institutions ont beaucoup plus de facilité à la relayer par une amour-amitié homosexuelle que par une amour-amitié hétérosexuelle ; lorsqu’au bout de quelques années, leurs élèves sont rendus à la vraie vie et que cesse pour eux la séparation des sexes, certaines et certains sont à ce point installés dans l’homosexualité qu’ils en ont fait leur identité sexuelle : la séparation des élèves de ces institutions selon leurs sexes entrave leur développement affectif en engendrant l’homosexualité de longue durée.

Jusqu’au-delà de la fin de leur adolescence, certains enfants tentent de se défendre des paroxysmes de violence sociale en mettant l’emphase sur le moment d’homosexualité qu’ils viennent de ou qu’ils s’apprêtent à vivre ; cette défense peut devenir une fuite dans le rêve ou dans toute autre utopie, c’est-à-dire un déni de réalité, qui n’est autre que le déni des rapports réels de leur mentalité à leur physiologie (c’est-à-dire à la matière dont ils sont faits) ; en somme, le déni de leur être réel lui-même.

Comment se présentent les dangers qui menacent l’affectivité et la sexualité de nos enfants ?

La violence sociale s’exerce directement sur nos enfants de deux manières : elle isole chacun d’eux, et l’environne de discours faciles présentant souvent de façon séduisante des schémas de théories fallacieuses ; depuis quelques décennies, les prêcheurs de ces théories leur accolent un label académique.

Sans doute vivons-nous avec nos enfants jusqu’à la fin de leur adolescence, et certainement, la morale sociale nous requiert de les protéger : mais là encore les injonctions morales de la bourgeoisie capitaliste sont très ambiguës : elle nous requiert de cette manière en même temps qu’elle nous en détourne en nous exploitant de toutes les manières possibles.

De plus, nous nous occupons de nos enfants pour qu’ils deviennent capables de conduire eux-mêmes leurs vies d’adultes... L’approche de la fin de l’adolescence des enfants place donc les parents devant une grande responsabilité : il dépend encore d’eux, en grande partie, que leurs enfants deviennent capables de ne pas céder aux séductions des théories faciles et fallacieuses dont la presse des pays comme le nôtre, où règne l’exploitation capitaliste, est inondée.

Par quels moyens nos enfants peuvent-ils résister aux théories fallacieuses de l’idéologie dominante ?

Ces théories sont dangereuses par leur séduction, par leur facilité, et par les moyens considérables de propagande que la grande bourgeoisie capitaliste met en œuvre pour les diffuser...

Elles ont toutefois un point d’extrême faiblesse, c’est qu’elle sont fausses, et par là, prêtent le flanc à la réfutation.

Sur le plan idéologique, les religions, et plus généralement les traditions, contredisent ces théories : mais ces contradictions consistent à opposer à leurs dogmes d’autres dogmes.

Les tenants de ces théories fallacieuses ont d’ores et déjà prévenu ces polémiques en les couvrant d’un label académique, tout aussi fallacieux.

Mais les croyants peuvent se mobiliser autour des principes inscrits dans leurs dogmes et faire nombre contre celles de ces théories qui les contredisent, comme par exemple :

  • celles qui propagent l’homosexualité (condamnées en effet parce qu’elles nient les dogmes religieux fondés sur le commandement « Croissez et multipliez-vous » adressé à Adam et Eve par Dieu) ;
  • celles qui proposent le changement de sexe (condamnées parce qu’elles portent une atteinte irréversible à la vie des candidates et des candidats à l’opération).

Sur le plan simplement humain, les savants qui étudient l’histoire naturelle dont l’Humanité est un produit ont fait progresser d’étape en étape la connaissance de ce que nous sommes : ils l’ont fait et le font en une suite de contradictions, de confrontations des observations avec les théories, de discussions conduisant à réfuter les théories démenties par les mouvements matériels observés ; la connaissance scientifique qu’ils produisent ainsi est exposée dans l’histoire de la vie collective et individuelle de l’espèce humaine ; au contraire des religions, l’histoire naturelle ne contient aucun dogme et s’inscrit en faux contre les labels académiques de complaisance dont se couvrent les théories fallacieuses quelles qu’elles soient ; elle se passe de polémiques...

Voilà la base solide de la réfutation des théories abondamment promues par les moyens de propagande que met œuvre la bourgeoisie du grand capital.

Mais justement : le véritable obstacle à la réfutation des théories fausses est l’énormité totalitaire de la propagande qui les diffuse.

Faire face à cette propagande ne peut donner aucun résultat immédiat à qui reste isolé dans son opposition, si juste et si bien fondée dans la vérité scientifique soit cette opposition.

C’est en effet à chacun des enfants de notre génération qu’il faut apporter la vérité scientifique de notre histoire naturelle, et c’est en même temps qu’il faut enseigner le rapport scientifique de la théorie historique de la nature à son mouvement matériel, c’est-à-dire montrer le matérialisme en action.

C’est d’ailleurs ce que faisaient, non sans succès, mais en minimisant l’importance du matérialisme, les écoles, collèges et lycées français depuis la laïcisation de l’instruction publique jusqu’aux réformes réactionnaires mises en œuvre depuis 1962 par Olivier Guichard et tous ses successeurs : ce fragment de l’histoire du système scolaire français, qu’il convient d’associer à la résistance particulière de notre société au développement des sectes observé dans tout l’« occident global » pendant la deuxième moitié du vingtième siècle, ainsi qu’à l’affaiblissement significatif que connaît cette résistance actuellement, nous apporte, entre autres preuves, celle que face à la propagande totalitaire de la réaction, les familles ont besoin du renfort puissant que constitue l’école publique et laïque.

Mais aujourd’hui, il faut reconnaître que notre système laïc d’instruction publique a été fortement délabré par les réformes qui l’ont frappé depuis le Troisième tiers du vingtième siècle : il n’est plus capable comme il l’était jadis de soutenir efficacement notre résistance aux théories fallacieuses de toutes sortes qui déferlent aujourd’hui et détruisent nos connaissances les plus précieuses, en matière de développement affectif de nos enfants et bien au-delà...

Il faut donc absolument que les femmes et les hommes de progrès, et parmi eux les communistes, prennent hardiment les choses en mains pour relancer la transmission aux générations futures non seulement des connaissances que nous ont transmis nos aînés, mais encore bien plus, des traditions d’effort national pour que progresse non seulement la connaissance en général, mais aussi la connaissance scientifique en particulier.

Ces traditions de l’effort populaire pour faire avancer dans le peuple travailleur les connaissances scientifiques, nous les devons à la Révolution des Lumières portée par la Révolution française : elles étaient alors révolutionnaires, et le combat sans merci que livre aujourd’hui la réaction pour les éradiquer nous prouve à l’évidence qu’elles sont toujours révolutionnaires aujourd’hui !...

Le premier devoir d’un révolutionnaire, disait Lénine, est de faire la Révolution : porter la Révolution spirituelle et culturelle des Lumières dans les corps de l’Education nationale, dans les enseignements des écoles, collèges, lycées, Universités et Grandes Ecoles de notre pays est un devoir de premier plan des enseignants communistes.


[1-Parents, vos enfants ont besoin d’une longue période d’allaitement maternel ; il leur faut encore fermer leur boîte crânienne ; ils ont besoin du lait maternel pour compléter leur immunité, et de temps pour parachever leur système nerveux ; en vérité, aucun « lait maternisé ne remplace réellement le lait maternel... Ne cédez pas aux sirènes publicitaires des sociétés laitières capitalistes qui dénigrent l’allaitement maternel : elles sacrifient la santé de nos enfants à l’accroissement de leurs profits ; ne cédez pas non plus aux pressions de nos employeurs qui exploiteront les mères d’autant plus longtemps qu’elles auront sevré plus vite leurs enfants !

[2-Utiliser pour cela un « parler bébé » n’apporte rien au bébé, au contraire : bébé n’a aucune difficulté à apprendre les noms que la langue parlée autour de lui donne aux objets qu’il voit ou qu’il touche, et bien des observations nous donnent des raisons de penser que le « parler bébé » une fois acquis par le bébé fait obstacle à l’acquisition par lui de sa langue maternelle.

[3-C’est très important !

[4-L’enseignement professionnel et technique séparait les métiers masculins et féminins selon les besoins de main-d’œuvre déclarés par le patronat capitaliste ; cette séparation approfondissait les inégalités sociales.

[5-L’épisode cité ci-dessus de la série audio-visuelle danoise les Enquêtes de Dan Sommerdahl en est un bon exemple : le scénario de cet épisode véhicule carrément la négation de toute évolution des personnalités des enfants en fin d’enfance : il exclut même toute hypothèse qu’un mouvement de l’esprit de l’adolescente aurait pu résoudre sans détournement d’argent et sans aucun crime la crise de son être-féminin en prenant conscience de la réalité physiologique de son être et en la reconnaissant !...

[6-les lois d’exception et les lois d’urgence suspendent certaines libertés du droit en vigueur pour imposer des restrictions et des obligations que les gouvernements prétendent passagères ; la loi martiale suspend toutes les lois et leur substitue les rapports de forces.

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