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En finir avec la politique de guerre de la France !
2 juin 2 026
mardi 2 juin 2026, par
A- Nos gouvernements réactionnaires font une politique de guerre
Depuis des mois, des années même, la presse d’argent retentit du sombre roulement des tambours de guerre... : elle sature l’esprit public de la politique que nous imposent nos gouvernements réactionnaires depuis qu’au mois de juin 1 948, ils ont tourné le dos au programme du Conseil National de la Résistance (CNR) : cette politique intègre notre pays dans l’empire qu’élaborent les plus puissants trusts capitalistes de l’Europe occidentale.
La parenthèse de l’indépendance nationale ouverte dans cette politique par le général De Gaulle fut aussitôt refermée par ses successeurs, qui ont réintégré la France dans l’OTAN et l’ont intégrée dans l’Union européenne, au détriment de nos intérêts nationaux et populaires et contrairement au vote référendaire.
Le président Macron maintient la politique de la France dans cette droite ligne.
Il s’est adressé samedi 12 juillet 2 025 à l’Armée Française : sur une trame de lieux communs et de poncifs, son discours enchaîne des mensonges qui décrivent ce qu’il appelle « la menace russe », laquelle pèserait sur notre pays, d’une manière assez imprécise pour être étendue jusqu’à désigner un « ennemi intérieur » : sur ce tissu, il brode de place en place la confirmation des missions assignées à notre armée d’intervenir dans des guerres qui ne sont pas les nôtres, pour défendre des intérêts coloniaux ou étrangers, possiblement sous le drapeau de l’Union européenne et sous le chapeau de l’Etat-major de l’OTAN, puis l’annonce d’une augmentation considérable du budget de la défense nationale (tiens ! Il a trouvé l’argent !?) avec l’intention de limiter encore nos libertés.
A vrai dire, le schéma de « l’ennemi intérieur », déjà esquissé par plusieurs ministres, dont entre autres celui de l’intérieur, celui de la justice, est exposé publiquement dans les polémiques des députés de nos assemblées législative et sénatoriale...
Ce concept d’« ennemi intérieur » rappelle toutes les politiques réactionnaires précédentes, notamment le pétainisme, qui distinguait entre les mauvais et les bons Français... Il rappelle aussi la nostalgie des temps féodaux caractéristique des idéologies fascistes et nazies...
En vérité, la Russie ne menace ni le peuple français, ni la nation française : c’est donc pour d’autres intérêts que le président Macron prétend nous mobiliser.
B – La grande bourgeoisie ne veut pas d’une politique française de paix !
Dans notre peuple, la Libération de 1 945 avait créé l’espoir d’une politique de paix contre le colonialisme : alors déjà, la bourgeoisie du grand capital, maîtresse de cet Etat, faisait couler le sang des populations d’Algérie, du Sénégal, de Madagascar, du Viet-Nam qui revendiquaient la décolonisation de l’Union Française inscrite dans le programme du CNR, et la reconnaissance aux membres des peuples coloniaux de droits égaux à ceux des fonctionnaires de l’administration coloniale : outre qu’elles ont interdit tout progrès de la décolonisation, ces violences ont préparé l’adhésion du gouvernement français au plan Marshall, dont une condition péremptoire était l’exclusion, réalisée en mai 1 947, des ministres communistes.
Les guerres d’indépendance de l’Indochine, puis de l’Algérie ont suivi.
Depuis, les gouvernements réactionnaires de la France maintiennent l’exploitation coloniale de nos ex-colonies en l’appuyant d’incessantes « Opérations extérieures » de l’Armée française, qui sont réellement des « opérations guerrières spéciales »
En Europe, depuis avril 1 949, nos gouvernements réactionnaires contribuent à l’alliance agressive de l’OTAN et à l’élaboration impérialiste de l’Union européenne.
Ces deux alliances ont engagé la France dans toutes les guerres du bassin méditerranéen, du Sahel, du proche et du moyen Orient, depuis la Yougoslavie jusqu’à l’Irak et maintenant à l’Iran ; elles l’engagent aujourd’hui dans la guerre que fait l’OTAN à la Russie et qui ravage l’Ukraine.
Mais ces guerres ne sont pas celles de notre peuple !
En vérité, la victoire de 1 945 sur les fascismes avait très logiquement produit la revendication d’une politique de paix pour la France dont la « Nation armée », définie un demi-siècle plus tôt par Jean Jaurès, constituerait la garantie contre toutes les agressions guerrières ; mais la décision d’engager la France dans une politique de paix ne peut être prise que par un gouvernement démocratiquement élu et qui retirerait à la bourgeoisie du grand capital la possibilité d’appuyer sa politique sur l’Armée Française ; un tel gouvernement affronterait directement cette classe dominante : pour opérer un tel tournant, et rendre les cadres fonctionnels de nos forces armées cohérents avec notre politique de paix, il faut faire violence à la grande bourgeoisie et aux relais qu’elle entretient en leur sein.
C- Penser la paix
Depuis la sédentarisation de l’Humanité, l’histoire de ses sociétés se présente comme une succession de guerres, chacune séparée de la suivante par une période de paix ; en 1 832, le grand penseur et théoricien de la guerre, l’officier d’état-major du roi de Prusse Karl von Clausewitz introduisait ses auditeurs et lecteurs dans la réflexion sur la guerre en la décrivant d’abord comme la continuation de la politique par d’autres moyens : il s’agissait de leur faire prendre conscience du processus vital des sociétés, qui est le processus politique que dirige le souverain (qui est pour lui le prince, ou le roi, ou l’empereur) ; le problème que son enseignement s’attache alors à résoudre est de déterminer les raisonnements au moyen desquels l’État-Major prussien au service du Roi de Prusse conduira les guerres de la Prusse pour qu’elles conduisent à une « paix » fondée sur un rapport des forces politiques satisfaisant les objectifs de son Roi.
Un siècle et demi après Clausewitz, des auteurs européens faisaient jouer les mots pour introduire l’idée que la paix pourrait être la continuation de la guerre par d’autres moyens. Il est évident qu’un jeu de mots ne résout rien !
En vérité, Clausewitz n’énonce la dialectique de la guerre et de la politique que pour l’approfondir ; cela le conduit à ce qui est pour lui véritablement la définition de la guerre : le règlement d’un conflit d’intérêts souverains au prix de l’épanchement du sang des peuples.
Pour Clausewitz, la guerre est l’un des moyens de la panoplie politique à la disposition du souverain : suffirait-il, pour assurer la paix, que les souverains excluent la guerre de leur panoplie politique ? C’est l’engagement contenu dans la charte de l’ONU mise en vigueur le 24 octobre 1 945.
D – Les arguments de la politique de guerre
Depuis l’hiver de 2 013 et le coup de force du Maïdan à Kiev, la presse d’argent de notre pays relaie à grands sons de trompe la propagande de notre gouvernement en brandissant la prétendue menace russe, représentée de manière caricaturale :
- Elle serait présente dans tous les pays où l’Armée Française déploie ses OPEX (Opérations guerrières Extérieures) ;
- En Afrique, jamais le Burkina Faso, le Mali ni le Niger ne se seraient dégagés de la tutelle de la Françafrique sans l’intervention massive de la célèbre société militaire privée russe ;
- Tous les mouvements indépendantistes et toutes les guérillas des autres pays africains et des DOM-TOM français seraient soutenus, ou même suscités par la Russie ;
- Pour ce qui concerne l’Europe, l’intention de conquête militaire du gouvernement russe ne se réduirait pas à l’Ukraine, mais viserait d’abord tous les pays que soumettait l’empire tsariste, puis tous les pays situés plus à l’ouest, jusqu’à la France !
Cette représentation est presque identique à celle de la non moins prétendue menace soviétique que nous pouvions lire dans la presse d’argent pendant la « guerre froide » ; d’un point de vue logique, cette identité est d’ailleurs surprenante, car les castes grand-bourgeoises de l’Europe occidentale pouvaient se sentir menacées par l’exemple des lois de l’Union soviétique, qui ne permettaient à personne d’accumuler du profit à titre privé, alors que l’accumulation privative du profit est, dans la Russie actuelle, tout aussi légale que dans notre pays.
Il est inquiétant que la propagande de nos gouvernements réactionnaires ne soit pas contredite par une presse écrite d’opposition à grande diffusion, comme c’était le cas avant que le président Mitterrand ait violé les ordonnances de 1 946 en autorisant le groupe capitaliste Hersant à racheter (confisquer serait mieux dire) toute notre presse régionale...
E – La guerre ou la paix : mettre fin aux actes de guerre
En vérité, les intérêts pour lesquels le président Macron prétend nous mobiliser ne sont pas les nôtres : ce sont ceux de l’empire appelé Union Européenne (UE), qui fédère la réunion des castes bourgeoises du grand capital des pays de l’ouest européen ; n’oublions pas que sur le papier, les pays membres de cette Union sont encore maîtres de leurs décisions politiques, ni que l’équipe qui gouverne cette Union tient son autorité des seuls trusts : la volonté de paix des citoyennes et des citoyens de tous les pays membres de l’Union européenne est en permanence muselée par les processus qui forment le Conseil de l’Union européenne ; c’est l’Union européenne qui menace la Nation française, pas la Russie !
La politique de paix : utopie généreuse ou intuition prometteuse ?
Les pacifistes sont fortement tentés de proposer à la démocratie une politique produite par leur imagination ; en cette matière, l’imagination produit d’abord l’utopie qui exprime le désir ; de telles utopies sont généralement généreuses, mais manquent de réalisme : les gouvernants les écartent facilement, abreuvant les pacifistes d’un mépris ostensible.
En France, les pacifistes peuvent se rapprocher de la réalité en prenant le contrepied des politiques dans lesquelles nos gouvernements engagent notre armée.
Le cadre général de ces politiques a été défini par le président Chirac lorsque le gouvernement qu’il présidait a décidé de professionnaliser totalement notre armée ; ce cadre leur assigne les missions de défendre « nos » intérêts prétendument nationaux, mais véritablement coloniaux dans les pays de l’ancienne Union Française et ailleurs, ainsi que les intérêts définis par les traités prétendument défensifs, mais véritablement agressifs tels que l’OTAN, et par les alliances prétendument démocratiques, mais en vérité impérialistes telles que l’Union européenne [1].
La Nation française n’a aucun intérêt dans les guerres que définit ce cadre : Pour de telles missions, incompatibles avec une politique de paix, il faut des soldats professionnels.
Nous aurons donc soin de noter que les groupes parlementaires prétendus socialistes ont immédiatement approuvé cette décision du président Chirac, avec tout ce qu’elle impliquait.
Prendre le contre-pied de la politique de guerre des gouvernements français
Concrètement, cela consiste à :
- Mettre fin aux restes des institutions coloniales de notre pays, et d’abord à la « Françafrique »,
- Mettre fin aux « opérations (guerrières) extérieures » de nos armées,
- Ramener sur le territoire national toutes les unités cantonnées ou déployées à l’étranger,
- Assigner à la diplomatie la mission de négocier en vue de les résoudre tous les conflits politiques ou économiques présents ou futurs,
- Envisager concrètement le démantèlement unilatéral de l’armement nucléaire de la France.
Cette démarche place les pacifistes dans la réalité de la guerre et de la paix, mais présente le défaut de ne pas mettre en évidence le mouvement d’intelligence qui portera les membres du peuple, les travailleuses et les travailleurs particulièrement sensibles aux conditions de leur vie quotidienne, à concevoir les moyens concrets de prendre parti contre les ennemis de la paix qui les oppriment directement et contre tous les autres fauteurs de guerre pour faire cesser les guerres en cours, et pour les interdire définitivement.
La guerre étant un moyen de la politique, il faut que les membres des peuples prennent conscience des aspects proprement politiques de leur propre vie.
La politique ayant pour objet essentiel de conduire l’économie de la nation, il faut que les membres des peuples prennent conscience du conditionnement de leurs personnes et de celles de leurs familles par l’économie de leur nation.
F – Pour l’avenir : engager le pacifisme en politique
Les intérêts souverains, de la monarchie de droit divin à la République
Dans la monarchie de droit divin, les intérêts souverains sont les intérêts privés du monarque ; la politique souveraine consiste dans la gestion par le monarque de ses intérêts privés ; en France, ils s’imposent à l’économie du royaume et aux échanges avec l’étranger ; les historiens n’écrivent pas l’histoire de cette économie et de ces échanges, mais seulement celle des différents conflits qui ont jalonné la vie du royaume ; le dernier de ces conflits est la Révolution française : celle-ci oppose au roi de France ses sujets qui ne supportent plus la misère que leur imposait la gestion régalienne de l’économie ; s’y succèdent la déchéance du Roi de France, la prise en charge de ses fonctions par le peuple souverain, qui se forme en Nation, transformant la politique souveraine en politique nationale, et constituant la République pour gérer les intérêts nationaux.
La politique nationale consiste donc dans la conduite de l’économie nationale et des échanges marchands internationaux ; cette conduite incombe à la République.
La bourgeoisie du grand capital accapare les intérêts nationaux
Devenus maîtres des marchés libérés des prélèvements nobiliaires et ecclésiastiques, les propriétaires des plus gros capitaux imposent à toute l’économie la concurrence capitaliste, dont les effets excluent les travailleuses et les travailleurs de la surveillance et du contrôle de la politique nationale, afin de permettre aux propriétaires d’amasser toujours plus de capitaux en même temps que de pouvoir politique : le simple exercice du pouvoir politique que confère aux propriétaires des plus gros capitaux l’étendue des biens sous leur contrôle réalise l’usurpation de fait par le trust capitaliste suprême de la maîtrise nationale de nos intérêts souverains : les gouvernements bourgeois produits par cette usurpation se couvrent implicitement, parfois explicitement, du concept d’ intérêt régalien [2] », afin de se protéger des contrôles démocratiques.
L’approfondissement rapide des inégalités sociales post-révolutionnaires reproduit, généralise et aggrave ainsi celles de l’Ancien Régime, handicape les principes fonctionnels de notre Nation et brisent les institutions formées pour des missions d’intérêt national : les inégalités sociales post-révolutionnaires contrarient les intérêts nationaux.
La politique de guerre de la France résulte de cet accaparement
Usurpant ainsi nos intérêts souverains, la bourgeoisie du grand capital engage notre Nation elle-même dans la concurrence pour l’appropriation privée du profit et pour la concentration des capitaux privés.
Dans tous les pays, la politique du grand capital implique les Etats dans la concurrence internationale des sociétés capitalistes ; elle crée ainsi des inégalités entre nations et cause les conflits de souveraineté souvent guerriers qui jalonnent les progrès de l’extension du capitalisme à toute la planète ; la guerre est un moyen banal de la politique des Etats capitalistes : rien ne nous permet d’envisager que la généralisation du système capitaliste à toute la planète nous apporte une quelconque paix, sauf la paix des cimetières !
Et bien sûr, afin d’assurer sa domination, l’idéologie bourgeoise qui domine les sociétés bourgeoises dissimule la responsabilité bourgeoise derrière la fatalité... La guerre est fatale dans le monde dont l’économie est dominée par le capitalisme.
Que peut être le monde exempt de cette domination ?
La domination de la bourgeoisie du grand capital a pour conséquence que la majorité des femmes et des hommes travaillent pour des salaires bien souvent de misère, ou sont privés de travail, afin que la toute petite minorité des gros actionnaires vivent dans le luxe et étendent sans cesse leurs propriétés terriennes et industrielles.
Cela étant, une société que la bourgeoisie du grand capital ne dominerait pas satisferait la revendication ouvrière du droit universel à un travail dont les salaires permettent aux salariés de vivre et de faire vivre dignement leurs familles : une telle société serait socialiste.
L’URSS ne nous donne qu’un exemple inabouti de société socialiste : contrairement à ce qu’enseignait sa philosophie officielle au commencement de sa décadence, les sociétés socialistes ne peuvent être exemptes de contradictions : d’une part, il faut du temps et des efforts pour résoudre les contradictions du capitalisme, et d’autre part, l’Humanité est le siège de la contradiction irréductible qui a engendré l’Esprit, contraire dialectique de la Matière.
En vérité, le capitalisme tente de surmonter sa contradiction essentielle, qui oppose le travail au capital, au moyen des opérations commerciales sur les capitaux de ses entreprises que sont les concentrations, les échanges, les ventes et les dévalorisations de capitaux, toutes opérations qui expriment en termes de capital boursier les réformes de ses processus matériels de production, depuis l’abandon pur et simple d’installations productives auxquelles seront substituées de nouvelles usines rapportant davantage de profit jusqu’à l’acquisition et la mise en exploitation de ressources minières ou industrielles étrangères ; les acquisitions de ressources étrangères sont le motif des opérations guerrières de conquête territoriale.
La révolution socialiste consiste d’abord à réformer les processus matériels de production hérités du capitalisme afin de mettre fin aux prélèvements capitalistes du profit et de réaliser la propriété sociale à laquelle seront soumises les grandes entreprises et les banques.
La propriété sociale sera l’exercice collectif territorialement organisé de la propriété par les travailleuses et les travailleurs ; elle rendra la société capable de réformer les processus matériels de production dans l’intérêt et sous le contrôle des travailleuses et travailleurs des entreprises qui les concernent soit du fait de leur coopération, soit du fait qu’ils habitent le théâtre de son activité : cette capacité étrangère aux sociétés capitalistes posera en termes nouveaux l’évolution technique et technologique des productions et du cadre de vie et de travail des travailleuses et des travailleurs : celles-ci, ceux-ci se savent en effet capables d’acquérir de nouveaux savoir-faire accompagnant l’évolution technique et technologique de la production à laquelle ils participent, et de plus, ils savent parfaitement que les femmes et les hommes, qui habitent d’autres contrées que la leur, sont capables d’apprendre à travailler comme eux : devenus propriétaires de leurs moyens de production, ils sauront enseigner et apprendre les savoir-faire, les techniques et les technologies qu’il leur faudra échanger pour réformer les productions matérielles : or, ces échanges de savoir-faire, de techniques et de technologies ne peuvent avoir lieu que dans les conditions de la paix ! Au contraire du capitalisme, l’essence du socialisme est pacifiste.
G - Economie politique de la guerre
L’économie politique
Au XVIIème siècle en Grande-Bretagne, la révolution démocratique d’Olivier Cromwell confère en 1 650 aux membres du peuple le droit d’échanger librement leurs marchandises sur les marchés : les sujets britanniques exercent désormais leur part de souveraineté politique en faisant circuler marchandises et monnaie : ainsi, l’économie devient politique : Ricardo se met à l’étude des mouvements des marchandises et de la monnaie depuis leur production jusqu’à leur consommation : cette nouvelle discipline est l’« économie politique ». Au cours de cette étude, Ricardo reconnaît la division de la société en classes sociales.
Deux siècles après lui, Karl von Clausewitz continue par analogie l’économie politique dans l’analyse des événements guerriers : l’armée (prussienne) serait très analogue à un capital que le roi de Prusse investit dans ses entreprises guerrières et dépense dans les combats.
Contemporains de Clausewitz, Karl Marx et Friederich Engels trouvent dans les classes sociales définies par Ricardo deux concepts solides de la base théorique de leur étude de l’économie politique de la révolution prochaine.
La bourgeoisie exempte la politique d’administrer la misère économique
Au milieu du XXème siècle, notre enseignement supérieur cesse de rapporter l’économie politique à la politique, lui substituant dans ses programmes « l’économie générale », qu’elle complète d’une discipline nouvelle, « l’économie monétaire ».
L’économie monétaire, n’admettant pas la politique, développe une théorie des marchés excluant la discussion des valeurs d’échange : les marchandises y sont présentées avec un prix péremptoirement fixé : plusieurs vendeurs peuvent présenter la même marchandise à des prix différents : les clients achètent sans discuter au prix le plus bas ; ce client théorique est un simple d’esprit qui ignore toute politique : la théorie de l’économie monétaire appelle Homo economicus ce rouage des divers modèles théoriques d’échanges monétaires qu’utilisent les économistes pour des études de marchés, de faisabilité et autres...
Aujourd’hui, les modèles informatisés, tout aussi virtuels que ceux qui ne l’étaient pas, donnent facilement l’illusion d’une connaissance exacte et exhaustive de la réalité de l’économie : en leur nom, nos gouvernements réduisent progressivement, mais violemment la vie publique de notre pays à gérer la misère de dotations financières dispensées administrativement avec une parcimonie avaricieuse.
La parcimonie étatique est en effet un principe de la politique des Etats serviteurs du Capital ; ses dotations ne suffisent jamais au financement des tâches des collectivités politiques territoriales [3] , à qui leur cadre règlementaire impose soit d’adresser aux entreprises privées des « appels d’offre publics » pour choisir ensuite les offres les moins chères, soit de confier leurs tâches à des services étatiques centralisés créés « ad-hoc » ; dans ces deux cas, les citoyens élus sont écartés de la conduite de leur exécution. On le voit : l’étroitesse étatique réduit la démocratie à administrer la misère économique.
Essence politique de la valeur d’usage : le cas des travaux publics territoriaux
Les responsabilités politiques de nos collectivités publiques territoriales sont de conduire l’exécution des tâches d’intérêt public et de maintenir sur leur territoire la force de travail nécessaire.
Mais la parcimonie du financement d’État des collectivités territoriales implique la quasi-disparition de la mise en valeur d’usage des travaux publics, c’est-à-dire de la prise de connaissance collective des travaux envisagés et de la satisfaction attendue par les citoyennes et les citoyens : nos collectivités territoriales sont empêchées de connaître dans son ensemble et en détail le besoin collectif de les réaliser, leur nature, la manière de les conduire, les outils nécessaires. La parcimonie étatique démembre nos services publics de proximité.
La fonction politique du marché du travail
La valeur d’usage de la force de travail
- Aux yeux des salariés, c’est leur métier, c’est-à-dire l’ensemble des tâches auxquelles leurs qualifications leur permettent de travailler.
- Aux yeux des actionnaires de l’entreprise, ce sont les postes de travail proposés aux salariés, c’est-à-dire le travail auquel ils seront attachés.
- La confrontation du métier que propose le salarié et du poste de travail que propose le mandataire des actionnaires de l’entreprise, c’est-à-dire la confrontation des deux valeurs d’usage de la force de travail, aboutit ou non à établir le contrat de travail.
- C’est ensuite dans l’entreprise, en exécutant les tâches du travail, que le travailleur effectue la livraison de sa force de travail.
- C’est aussi dans l’entreprise que le chef d’entreprise accomplit la part du contrat de travail incombant à ses actionnaires, en versant au salarié le salaire qui lui est dû.
Les tâches du travail fatiguent les travailleurs : lorsqu’ils le ressentent, le rythme du travail ralentit et sa qualité diminue : ils doivent reconstituer leur force de travail ; aussitôt qu’une tâche est accomplie le salaire est dû pour elle à la travailleuse, au travailleur : le salaire doit en effet leur permettre d’accéder, dans et à l’extérieur de l’entreprise, indépendamment d’elle, à tous les moyens de la reconstituer (vie familiale et sociale, sommeil, nourriture, habillement, culture physique, professionnelle et générale, santé, retraite).
La force de travail ne circule pas : ce sont les produits du travail qui circulent
L’expérience de notre vie sociale nous montre que le vendeur et l’acheteur de la force de travail ne discutent pas d’égal à égal de sa valeur d’usage : lorsqu’il est seul en face du chef d’entreprise, le salarié ne peut que subir les conditions proposées.
La fonction politique des salariés consiste à se présenter à l’embauche, à accepter ou refuser les conditions du travail et de sa rémunération, à faire leur travail et à défendre leur rémunération contre les empiètements incessants du prélèvement capitaliste du profit ; pour faire valoir leur qualité de citoyen dans la discussion de la valeur d’usage de la force de travail et dans la production elle-même, les salariés doivent se fédérer en un collectif travailleur pour être le partenaire du chef d’entreprise.
Fonction politique des autres marchés
Marchés paysans :
Lorsque les marchés paysans existaient dans tous les cantons et dans certaines communes de notre pays, les citoyennes et les citoyens formaient leur conscience politique sur ces marchés bien plus que dans les cabarets ou les bistrots, en vendant leur force de travail, les produits de leur agriculture, de leur art ou de leur industrie, et en achetant les produits et les services dont ils avaient besoin. Dans les marchés paysans qui existent encore, les travaux pratiques de cette formation sont les négociations des contrats d’achat-vente qui ont lieu au cours de la déambulation des clients dans les allées du marché.
Cette déambulation donne lieu à des échanges de propos dans le public qui circule dans les allées du marché, entremêlant des commentaires sur les produits proposés, sur les prix qui s’affichent, sur les conditions économiques des territoires et du pays, sur l’évolution de la politique nationale ou de la politique internationale, avec la prise de connaissance sensuelle (visuelle, olfactive, tactile, le cas échéant auditive et gustative) des produits par les clients qui en ont besoin, ainsi qu’avec les discussions des contrats d’achat-vente par les acheteurs qui évaluent la pertinence d’acheter au prix proposé en vue de l’usage projeté du produit.
Au cours de leur rencontre, l’acheteur élabore la face acheteur de la valeur d’usage du produit, le vendeur en élabore la face vendeur : la valeur d’usage n’est pas numérique...
Le vendeur et l’acheteur peuvent se séparer sans achat. Ils se quittent en connaissant la valeur d’usage que leur partenaire attribue au produit échangé. Sa connaissance par les deux partenaires pouvait leur permettre de convenir de son prix, qui est la somme de monnaie contre laquelle le vendeur échange le produit. En tout état de cause, elle donne au vendeur les raisons politiques de faire évoluer les productions : le prix du produit constitue sa valeur d’échange. Selon la logique mercantile, il égale le coût de production et d’acheminement sur le marché, augmenté du profit du vendeur.
Le vendeur et l’acheteur peuvent se séparer sans achat. Ils se quittent en connaissant la valeur d’usage que leur partenaire attribue au produit échangé. Sa connaissance par les deux partenaires pouvait leur permettre de convenir de son prix, qui est la somme de monnaie contre laquelle le vendeur échange le produit. En tout état de cause, elle donne au vendeur les raisons politiques de faire évoluer les productions : le prix du produit constitue sa valeur d’échange. Selon la logique mercantile, il égale le coût de production et d’acheminement sur le marché, augmenté du profit du vendeur.
Boutiques d’artisans : exemple de l’habillement
Avant le milieu du XXème siècle, l’industrie de l’habillement est principalement artisanale : les clients ont avec les tailleurs, couturières, chapeliers,... une discussion de même nature que celles qui ont lieu sur les marchés paysans : dans l’habillement, la prise par l’artisan des mesures de la personne pour laquelle il doit façonner un habit est un exemple très concret de l’évaluation par le vendeur de la valeur d’usage de cet habit ; du point de vue du client, la valeur d’usage de l’habit qu’il acquiert est conditionnée par les fonctions qu’il exerce dans la société.
Marché aux capitaux - Bourse des Valeurs
Les capitaux des sociétés ont pour valeur d’usage les outils, les machines-outils et les machines dont la mise en œuvre par les ouvriers salariés réalise le pouvoir politique de leurs actionnaires ; le coût total de ce capital réel est divisé en parts de capital réparties parmi les actionnaires de la société ; selon les statuts de la société, un certain nombre de ces parts est proposé à la vente sur le marché aux capitaux (la Bourse des Valeurs) et donne lieu à la spéculation des membres de la bourgeoisie capitaliste . La valeur d’échange de ces parts d’actions est une valeur numérique résultant de cette spéculation mercantile. Elle n’équivaut pas la valeur d’usage de l’entreprise. Les membres des principaux trusts capitalistes maîtrisent ce marché et orientent la spéculation boursière vers les investissements et les concentrations d’entreprises qui formeront les pouvoirs politiques auxquels ils prétendent.
Depuis 1 871 et l’écrasement de la Commune, les capitaux (réels et monétaires) de la bourgeoisie française lui permettent d’imposer sa politique aux gouvernements de notre pays ; la seule éclipse de cette domination fut celle des gouvernements de la Libération de 1 944 à mai 1 947.
De la valeur d’usage à la valeur d’échange : vers l’économie monétaire
Les valeurs d’usage sont essentiellement politiques ; en évaluant la valeur d’usage d’un produit ou d’un service, acheteur comme vendeur exercent leur responsabilité politique.
La marchandise, avec ses valeurs d’usage, circule depuis l’extraction des matières premières jusqu’à sa consommation, qui réalise sa dernière valeur d’usage :
- La consommation des produits alimentaires consiste dans leur ingestion par les femmes, par les hommes et par les enfants ;
- La consommation des outils, des machines-outils et des autres machines consiste dans leur utilisation terminale, qui se termine par leur destruction ou par leur recyclage.
La tentation vertigineuse d’administrer les marchés : l’industrialisation
Convenons ici d’appeler surfaces commerciales industrielles les entreprises que l’industrialisation substitue aux marchés traditionnels. L’objectif des entrepreneurs des surfaces commerciales industrielles est de raccourcir le temps passé par leurs clients devant chaque étal de vente (chaque « rayon ») afin surtout de multiplier leurs occasions d’acheter. La réduction du temps passé par les clients à leurs achats réalise l’effacement du moment politique dans le processus d’achat des produits par le consommateur. Les vendeurs des surfaces commerciales industrielles ne connaissent plus véritablement lesnombreux produits proposés sur leurs rayons (sur leurs étals). Quant aux acheteurs, ils doivent se contenter d’apprécier l’aspect du produit, d’en lire les étiquettes ou, pour les produits industriels, la présentation sommaire, en général publicitaire plus qu’informative, rédigée par le fabricant à leur intention. Les surfaces commerciales industrielles forcent ainsi l’illusion que l’accès des membres du peuple aux produits qui leur sont nécessaires peut être administré en-dehors de toute politique. Elles contribuent à la dictature de la grande bourgeoisie capitaliste.
Dans l’habillement, l’industrialisation a généralement substitué aux tailleurs et aux couturières d’autrefois les boutiques et rayons vendeurs de vêtements prêt-à-porter.
En vérité, l’industrialisation de l’agriculture, de l’artisanat et du commerce lui-même produit le même effet sur les citoyennes et les citoyens que la parcimonie d’État sur les collectivités territoriales : elle confisque l’évaluation politique de la valeur d’usage de ce qu’ils achètent ou de ce dont ils passent commande.
Depuis l’après-guerre de 1 945, l’industrialisation s’empare marché par marché de toute l’économie de notre pays. Ses effets sont de confisquer l’évaluation des valeurs d’usage de tous les produits du travail et de la force de travail de toutes les entreprises, en confinant nos institutions de tous les niveaux dans l’administration de la politique imposée par les trusts capitalistes. C’est ainsi que les trusts capitalistes de tous les niveaux confisquent toutes les décisions de conduite de l’économie, c’est-à-dire toutes les décisions politiques.
C’est ainsi que les principaux trusts mondiaux, ceux dont les membres possèdent ou contrôlent pays par pays le plus grand nombre de parts d’actions des sociétés les plus puissantes dans tous les domaines, prennent le contrôle mercantile des relations économiques internationales et engagent totalement la responsabilité de leurs bourgeoisies respectives dans les guerres qu’ils se livrent pour la possession des richesses de notre planète [4].
La fatalité de la guerre résulte de ce que la bourgeoisie du grand capital réduit les États à administrer la politique qu’elle leur impose.
H - Vers une économie politique de la paix
En vérité, les classes travailleuses des pays d’Europe [5] ont toujours associé la revendication d’une économie qui n’aurait pas pour essence la course au profit capitaliste, c’est-à-dire la revendication d’une économie socialiste, à celle d’une politique de paix, en intégrant ces deux revendications dans la revendication de la démocratie véritable, qui est le gouvernement du peuple par le peuple et dans l’intérêt du peuple, contraire aux intérêts des propriétaires des gros capitaux.
Le fait est que depuis la Révolution de 1 789-1 794, l’histoire sociale de notre pays est jalonnée de tentatives de socialiser l’économie qui possèdent bien des caractères de tentatives de réaliser et de mettre en œuvre une économie politique de la paix.
Les tentatives précédentes
Les caisses de secours
Depuis toujours, les salaires versés aux ouvriers suffisent tout juste à assurer leur survie au jour le jour, les laissant totalement démunis lorsqu’ils tombent malades ou victimes d’un accident, ou même les jours chômés tels que les dimanches ou les jours des fêtes religieuses.
Afin de compenser ces manques, les ouvriers ont imaginé, pendant les Restaurations du royaume (de 1 814 à 1 848), de placer sur le comptoir d’un cabaret ou d’un bistrot tenu par l’un des leurs une tirelire en forme de caisse de bois conventionnellement fermée : ils mettaient quelques pièces dans cette tirelire chaque fois qu’ils venaient consommer ; périodiquement, ils faisaient la liste de ceux de leurs camarades tombés dans la gêne, puis ouvraient la tirelire – la caisse – et en distribuaient le contenu en fonction des besoins ainsi recensés.
La collecte et la redistribution de ces sommes suivent l’un des mécanismes de principe de la finance capitaliste ; le fait est qu’elles sont très modiques et que le capital à redistribuer redevient nul à chaque distribution : c’est une finance marginale ; il n’en reste pas moins qu’en gérant ces caisses, les travailleuses et les travailleurs apprennent à gérer un capital.
Ce système de caisses de secours s’est logiquement imposé à la classe ouvrière ; c’est le modèle des caisses de grève, autour desquelles s’est formé le syndicalisme de lutte de classes ; c’est aussi le modèle de nos caisses mutuelles pour l’assurance en cas de maladie.
Les coopératives
Vers la même époque, les personnels ouvriers de notre pays prenaient conscience des sommes considérables que les prélèvements du profit rapportent aux propiétaires des actions des entreprises : préparant l’accueil des idées de Marx et d’Engels, ils comprenaient qu’en vérité, ce sont les producteurs des richesses, c’est-à-dire eux-mêmes, qui produisent ce profit.
L’idée de mobiliser au service de leurs intérêts immédiats des capitaux marginaux sans intention d’y incorporer de profit tels que ceux des caisses de secours leur est alors logiquement venue ; dans cet esprit, il s’agit de former :
- soit des entreprises dont les produits seront proposés à des prix n’incluant aucun profit,
- soit des entreprises dont les salaires inclueront le profit que nul actionnaire ne prélèvera.
Les premières sont les coopératives populaires de consommation, les secondes sont les coopératives ouvrières de production.
Le socialisme : la gestion ouvrière des processus du travail
Au sein des coopératives, les travailleuses et travailleurs gèrent les processus du travail : ils dirigent leur production d’objets d’échanges : cette gestion leur confère la gestion des capitaux réels et technologiques de leurs entreprise sans leur imposer de transférer de capitaux financiers d’une entreprise autogérée à l’autre : elle les met en mesure de constater que les progrès des forces de travail de leurs entreprises sont le moyen d’échanger efficacement leurs productions sans recourir aux transferts des capitaux fiduciaires (monétaires).
Divers cas de reprise en coopérative d’entreprises capitaliste donnent aux coopérateurs l’expérience du passage de la gestion capitaliste à l’autogestion : ce passage requiert l’analyse à chaque niveau d’organisation de la production et du point de vue de leur consommation de la valeur d’usage des produits du travail de manière à en rendre la maîtrise aux travailleuses et aux travailleurs : dans notre pays, les luttes de classes des deux décennies qui se sont écoulées entre la démission du Général De Gaulle de son mandat de président de notre République et l’élection de François Mitterrand ont donné l’occasion aux collectifs travailleurs de plusieurs grandes entreprises de tenter cette démarche ; ceux des industries françaises de l’armement ont alors élaboré des propositions de diversification du travail de leurs entreprises vers les productions civiles ; leurs tentatives ont connu un certain succès, imposant à leurs directions de renouveler leurs productions, sans les civiliser toutefois, plutôt que de vendre leurs capitaux ; dans l’industrie automobile, ceux de la Régie Renault ont élaboré un projet de voiture populaire, qui démontrait que l’orientation vers les voitures de luxe et de grand luxe imposée par la direction n’avait rien de fatal : curieusement, la société italienne FIAT a mis en vente peu après une voiture populaire qui ressemblait trait pour trait au projet des travailleurs de chez Renault...
En vérité, la revendication ouvrière de prendre le contrôle des processus du travail et de les gérer eux-mêmes n’a rien d’utopique.
La revendication que les prolétaires salariés des entreprises capitalistes prennent le pouvoir sur leur outil de travail, afin de prendre la direction de toutes les productions, fut validée par les travailleuses et travailleurs de France dès avant l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République ; c’était une raison de l’adhésion populaire à sa candidature : en majorité, nous le croyions socialiste ; le social-démocrate qu’il était réellement a trahi nos espoirs...
Le pacifisme :
les peuples qui maîtrisent les échanges économiques ont besoin de la paix
I - La bourgeoisie capitaliste combat le mouvement ouvrier d’organisation
Le profit contre la personnalité ouvrière
Verser des salaires juste suffisants pour le renouvellement au jour le jour de la force de travail des travailleuses et travailleurs est un principe permanent de l’action des chefs d’entreprise capitalistes ; selon ce principe, leur action directe sur la marche de leurs entreprises consiste à :
- mettre les personnels ouvriers en concurrence, les soumettre à un chantage permanent au chômage et au licenciement ;
- réorganiser sans cesse la production, soit en déqualifiant les postes de travail, soit en les automatisant de manière à en supprimer le plus grand nombre, pour les remplacer par des postes de travail aux titres ronflants (conducteurs ou servants de machines) et rémunérés selon une échelle établie de manière à réduire le coût des processus de production ;
- resserrer sans cesse la discipline au travail, la faisant tendre vers celle qui, au milieu du dix-neuvième siècle, sous prétexte de faire la force principale des armées, exigeait que tout supérieur reçoive de tout subordonné en tous temps et en tous lieux les marques extérieures du respect qui lui sont promises par le règlement de discipline générale.
Ce principe de maintenir les salaires au plus bas niveau conduit la grande bourgeoisie à obtenir de l’Etat, son serviteur, qu’il réduise de plus en plus les contenus professionnels enseignés par les écoles, collèges et lycées publics, jusqu’à ce que les plus nombreux des jeunes gens et jeunes filles suivent les études les plus courtes, puis parviennent sur le marché du travail avec un niveau de connaissances générales et une capacité de critique à peu près nuls.
Il s’agit en somme, pour les trusts capitalistes qui gouvernent notre pays, d’intégrer au capital l’individualité des personnels ouvriers, les privant ainsi de toute vie personnelle.
La lutte mercantile contre les mutuelles et coopératives
La bourgeoisie capitaliste a senti le danger que lui faisaient courir le syndicalisme de lutte de classe, la coopération ouvrière et populaire et la mutualité : elle a immédiatement attaqué les coopératives et mutuelles sur leurs marchés comme elle sait le faire, en vendant longtemps à grandes pertes les mêmes produits et les mêmes services, forçant ainsi les coopérateurs à travailler pour rien dans leurs coopératives et détournant les personnels ouvriers de leurs mutuelles...
Le réformisme au secours du système capitaliste menacé
Le réformisme est donc venu au secours de la bourgeoisie contre le syndicalisme de lutte de classe, en proposant un syndicalisme de services essentiellement tourné vers des pratiques certes utiles, mais qui détournent les travailleuses et travailleurs de la nécessaire revendication salariale.
En même temps, la bourgeoisie attachait le réformisme à pousser les cadres des coopératives et des mutuelles à faire augmenter le capital comme le font les chefs d’entreprises capitalistes, c’est-à-dire à placer leurs entreprises dans la course au profit.
Or, dans la course au profit, coopératives ouvrières de production et mutuelles des travailleurs portent le handicap fatal de refuser le calcul même du profit ; elles sont donc perdantes, à moins de déposer ce handicap, ce qui revient à se transformer en de banales sociétés par actions qui s’efforcent d’acheter au prix le plus bas la force de travail et de vendre leurs produits au prix le plus haut : le réformisme appelle cela professionnaliser la fonction des dirigeants de coopératives et de mutuelles...
Selon le réformisme, coopératives et mutuelles ne pourraient exister que si elles produisent du profit et se soumettent aux conditions de la concurrence capitaliste, et à toutes ses conséquences.
Quand les communistes perdent de vue l’un des trois plans de la lutte des classes
La grande trahison des intérêts des classes ouvrières européennes [6] commise à l’été 1 914 par les partis membres de l’Internationale ouvrière (deuxième Internationale), qui se sont ralliés à la politique d’Union Sacrée pour la guerre exigée par les bourgeoisies capitalistes des pays belligérants, a provoqué dès la première année de cette guerre un rejet populaire du réformisme.
Dès le lendemain de la guerre, les partis communistes qui se créaient dans tous les pays à l’appel de l’Internationale Communiste (troisième Internationale) prenaient le parti ouvrier dans les luttes de classes de leurs pays, concentrant leur attention sur les industries aux capitaux les plus concentrés qui étaient aussi celles dont les actionnaires avaient le plus bénéficié de la guerre (industries minières, sidérurgique, métallurgique, chimique) ; les communistes considéraient ces industries comme le front principal des luttes de classes et faisaient des luttes des prolétaires de ces industries un exemple, « une locomotive » pour les luttes de classes de tous les autres secteurs d’activité économique.
Malheureusement, ce rejet négligeait l’examen critique des arguments réformistes : il est devenu une cause péremptoire de détournement des communistes de toutes les créations des luttes ouvrières du dix-neuvième siècle, sauf de la CGT : les communistes engagés dans la coopération agricole, ouvrière de production, populaire de consommation, ainsi que dans la mutualité des travailleurs se voyaient abandonnés par le Parti Communiste, ne pouvant plus le faire bénéficier de l’éclairage que la vie de leurs organisations jetait sur l’exploitation de la force de travail par le capital privé, ni même intégrer dans les luttes populaires leurs luttes contre le capitalisme sans lesquelles coopération ou mutualité ne peuvent exister durablement.
Seule, la Confédération Générale des Travailleurs, un temps passée sous la direction du réformisme, a connu la lutte des communistes pour la maintenir dans la lutte de classe contre l’exploitation capitaliste : en 1 921, les révolutionnaires créaient la CGTU (unitaire) qui persistait à développer les luttes de classe en y entraînant tous les ouvriers de chaque entreprise, sans jamais exclure ceux qui adhéraient à la CGT réformiste : cette action incessante pour l’unité dans les luttes a conduit CGT et CGTU à se réunifier en 1 935, ce qui fut un facteur important du succès obtenu en 1 936 par la grève générale exploitant le succès électoral du Front populaire.
Mais sur les autres créations ouvrières du dix-neuvième siècle, les communistes se sont divisés : le plus grand nombre ne s’en souciait pas ; certains membres du Comité central expliquaient qu’une coopérative ou une mutuelle, fussent-elles ouvrières, à partir du fait qu’elles avaient à gérer un capital, ne pouvaient que donner des exemples de collaboration des classes.
D’autres communistes résistaient pourtant à ces arguments : ils se fondaient sur leurs difficultés concrètes et sur leurs résultats, ainsi que sur l’intervention de leurs entreprises à l’aide des grévistes lors des mouvements sociaux ; dans leur propre parti, ils entendaient chanter la petite chanson ironique du petit îlot utopique de socialisme seul au milieu du grand océan du capitalisme, combien de temps durerait-il encore avant d’être englouti ?
Que le réformisme ait ainsi fait référence à l’Utopie de Thomas Moore est d’ailleurs assez curieux, car le socialisme, tout comme le pacifisme, sont totalement absents de l’île d’Utopie.
Théorie scientifique de la révolution en cours
La théorie communiste de la révolution ne se laisse pas enfermer dans les livres fussent-ils de référence que l’on range sur les rayons des bibliothèques : elle contient la formulation des raisons et de la conduite concrètes de la lutte actuelle, qu’elle soumet sans cesse à la critique qu’inspire aux travailleuses et aux travailleurs le flot de l’exploitation qu’ils subissent.
Matérialiste, elle fonde sur la réalité matérielle de la vie sociale et politique des travailleuses et des travailleurs tous ses raisonnements ainsi que leur critique.
Dialectique, elle consiste dans l’accomplissement des dialogues multilatéraux qui ont lieu au cours des assemblées des communistes de tous les niveaux (assemblées de cellules, comités de sections, fédéraux, central) ; ces dialogues intègrent la connaissance de l’histoire sociale dans la conscience ouvrière, et aboutissent aux textes nécessaires aux relations des communistes avec leurs camarades de travail et avec les habitants de leur quartier ou de leur village.
Cette théorie embrasse sans en omettre aucun tous les processus économiques et sociaux réels, même marginaux, que traverse l’antagonisme réel qui oppose l’exploitation capitaliste à la revendication ouvrière de vivre dignement.
Lénine remarquait à juste titre que les mouvements de la pensée humaine en action que sont la dialectique et le matérialisme font de la théorie de la révolution fondée par Marx et Engels une théorie scientifique.
Les auteurs communistes du dix-neuvième siècle, au nombre desquels nous trouvons le nom de Jules Guesde, discutaient entre eux, avec les électeurs réunis par les candidats socialistes aux élections législatives, et avec Jean Jaurès ; ces discussions aboutissaient aux premières élaborations d’une telle théorie en France et au projet de loi d’organisation de la France socialiste dont Jean Jaurès n’a pu rédiger que la partie consacrée à l’organisation militaire : il a fait publier cette partie avec son exposé des motifs en 1 911 sous le titre l’Armée Nouvelle.
Les objectifs de la révolution en cours
Croire que la guerre pourrait servir à apporter la civilisation ou la démocratie à un peuple qui subit une dictature est une illusion criminelle : les peuples n’aiment pas les missionnaires armés ! [7] La guerre est un moyen essentiel de l’expansion territoriale de l’économie capitaliste. L’intérêt national du peuple de France est de doter la France d’une politique de paix.
Les objectifs du pacifisme et du socialisme, sont distincts : ce sont la paix et le droit de vivre et de faire vivre dignement sa famille ; cela étant, ces deux revendications populaires sont concomitantes et essentielles : leur ardente convergence est l’essence du mouvement actuel de la révolution de l’Humanité ; dans son combat essentiel contre la révolution, la grande bourgeoisie capitaliste s’efforce d’écarter l’obstacle du pacifisme pour détruire le socialisme.
Nous devons assurer que le pacifisme et le socialisme progressent ensemble.
Objectif du socialisme : rendre la nation maîtressse de nos intérêts souverains
Le souverain de tout territoire, c’est le peuple qui l’habite : pour cette raison, la maîtrise des intérêts souverains appartient aux femmes et aux hommes du peuple : la démocratie, pour exister concrètement, requiert donc qu’à tout moment et à tous les échelons, toutes et tous participent à la conduite de l’économie, c’est-à-dire à la conduite des productions agricoles, artisanales et industrielles ainsi qu’à la régulation des consommations de leurs produits.
Cet ensemble de réalité et de conceptions assigne aujourd’hui au socialisme l’objectif de soumettre toutes les entreprises à la propriété sociale conçue comme la réalisation de la maîtrise nationale des intérêts souverains que le peuple devra donc établir en mettant en lois de nouvelles règles de l’économie des entreprises individuelles, artisanales, petites et moyennes, et en nationalisant les entreprises soumises à la propriété du grand capital privé.
Objectif du pacifisme : substituer une politique de paix aux politiques de guerre
En France, il s’agit d’obtenir l’élection d’Assemblées territoriales et d’une Assemblée nationale qui inscriront la volonté populaire de paix dans les lois et règlements de notre pays et qui mandateront au pouvoir exécutif des femmes et des hommes pour qu’ils appliquent ces lois en une politique de paix, mettant ainsi en œuvre une véritable économie politique de la paix.
Convergence du pacifisme et du socialisme
Cette convergence consiste d’abord dans la conquête populaire simultanée des pouvoirs politiques (territoriaux et national), et des pouvoirs économiques dans toutes les instances de l’économie de notre pays (chambres consulaires de l’agriculture, de l’artisanat et de l’industrie, conseils économiques et sociaux, sans excepter les entreprises elles-mêmes).
Elle tend à faire de l’économie politique de la paix le mode de pensée de l’exercice politique du pouvoir socialiste.
Elle doit impliquer la conquête par les travailleuses et les travailleurs de l’égalité en droits qui est une condition nécessaire à la paix intérieure, et qui est aussi leur contribution à l’égalité en dignité des femmes et des hommes de tous les pays.
J - Maintenir et développer la connaissance de la revendication révolutionnaire populaire
Revendiquer en pratique sans renoncer à la théorie que produit la revendication
L’expérience acquise par le peuple de notre pays lorsque montait la guerre qui allait éclater en juillet 1 914 confirmait déjà les mises en garde de Karl Marx et de Friederich Engels en nous montrant que le système des écoles, collèges et lycées contrôlées par la bourgeoisie, soit par l’intermédiaire de l’Etat, soit directement, soit par le moyen des congrégations religieuses, consacrera toujours son enseignement à réfuter la revendication ouvrière.
La revendication ouvrière ne peut se contenter des salaires et des conditions de travail : elle doit, pour aboutir, investir ses propres efforts dans le développement de l’appareil critique que ses membres y mettent en œuvre, donc de la conscience de classe, et pour accumuler leurs connaissances des structures et mouvements de l’exploitation capitaliste contre laquelle ils luttent.
Ce développement leur apporte logiquement la connaissance de l’économie politique du capital, en même temps qu’elle développe sa propre connaissance du mouvement économique propre à la revendication, qui est l’ébauche de la base de l’économie politique de la paix.
Le niveau de cette élaboration est celui qu’atteint l’intelligence des syndicalistes de lutte de classe lorque la convergence territoriale des luttes atteint le niveau de la nation : les bibliothèques des syndicats en détiennent nombre de témoignages : ce sont les récits des luttes syndicales et politiques de la classe ouvrière qu’ont rédigés les acteurs de ces luttes.
Les organisations verticales et horizontales de la Confédération Générale des Travailleurs permettent cette élaboration.
L’organisation des écoles syndicales n’est malheureusement pas au niveau nécessaire pour faire face à la répression intellectuelle et spirituelle que lui oppose la classe bourgeoise, tant par sa propagande que par le déclin programmé du système scolaire et universitaire de notre pays.
En matière d’enseignement public, la scission syndicale de 1 947 avait privé la CGT des syndicats de l’enseignement général public, donc des femmes et des hommes nécessaires pour faire face aux répressions spirituelle et intellectuelle de la revendication ouvrière.
Au sein de la Fédération CGT de l’Energie, le syndicat d’Electricité de France a su utiliser les possibilités ouvertes par les lois Marcel Paul pour mettre sur pied et faire fonctionner la Caisse Centrale d’Action sociale et dans son cadre une structure assurant l’enseignement professionnel et la formation permanente des électriciens tant du réseau que de la production ; malheureusement, le corporatisme a toujours confiné cette expérience dans les entreprises EDF et GDF.
Au sein du parti communiste, au milieu du vingtième siècle, le réformisme s’est emparé de ce sujet, cultivant l’opinion selon laquelle l’éducation de tous les enfants étant l’affaire de l’Etat, le parti doit s’en détourner ; or déléguer notre responsabilité en la matière à l’Etat voue à l’impasse toute critique par les citoyens communistes de l’évolution des contenus enseignés à leurs enfants par nos établissements publics, en laissant le champ libre à la bourgeoisie capitaliste.
En vérité, presque tout reste à faire pour que notre classe ouvrière s’oppose durablement à la répression spirituelle et intellectuelle de la bourgeoisie des propriétaires de capitaux.
La classe ouvrière, et plus généralement le peuple, dont elle fait partie, n’ont qu’un moyen de revendiquer les contenus d’enseignement répondant aux besoins populaires réels de connaissances, c’est d’enseigner elle-même les contenus absents de l’enseignement public à toutes les personnes, quels que soient leur âge et leur sexe, à qui ces contenus manquent.
A cette fin, la classe ouvrière de notre pays doit faire valoir son expérience des Universités populaires en complétant ses organisations d’une véritable académie scientifique ouvrière et populaire dont la fonction sera de développer, d’enseigner et de diffuser la philosophie (matérialisme et dialectique), les sciences (mathématiques, astronomie, physique, chimie, problématique de la classification universelle des êtres naturels, anatomie, physiologie et psychologie de l’être humain), ainsi que l’économie politique de la paix, et cela à tous les niveaux et dans tous les ordres de la connaissance, pour en faire bénéficier tous les membres du peuple.
C’est la classe ouvrière elle-même qui produit la connaissance scientifique de l’objet et du mouvement de sa propre revendication : elle doit elle-même prendre en charge l’accumulation et l’enseignement de cette connaissance à tous les enfants, ainsi qu’à tous ses membres lorsqu’ils en éprouvent le besoin, tout en accumulant les connaissances du mouvement général de la société scientifiquement attestées par l’action revendicative quotidienne !
Notre peuple, comme tous les peuples, a besoin que la classe ouvrière institue elle-même l’éducation et l’instruction populaires !
K - Les missions de la Nation armée
Face aux menaces dont elle est l’objet et aux agressions éventuellement armées que portent ces menaces, la Nation n’a pas de meilleure défense qu’elle-même [8], si elle met en œuvre tous les moyens économiques, politiques et guerriers, dont elle dispose ou peut disposer.
Ce serait en effet une illusion criminelle que de croire que nulle agression armée ne menace la nation pacifiste : au contraire, toute l’histoire des sociétés d’inégalité nous enseigne que les rapports de force armée jalonnent les contradictions entre puissances, et que toute souveraineté dont les armes sont plus faibles ou moins bien servies est condamnée à être conquise par une souveraineté plus forte militairement.
Que la nation s’arme face à de telles menaces est donc une nécessité.
Par sa nature, la politique de paix n’engendre pas de menace de guerre : par conséquent, la première défense de la Nation pacifiste consiste dans sa politique de paix.
Toujours en temps de paix, les impérialismes sont des menaces permanentes de guerre ; la diplomatie a pour fonction de réfuter ces menaces ; les échanges culturels et commerciaux donnent des occasions à la prise de connaissance réciproque des peuples ; les amitiés de personne à personne auxquelles donnent lieu ces échanges sont un puissant facteur de paix que la Nation pacifiste ne saurait négliger et dans lequel sa diplomatie trouve tout naturellement un accompagnement favorable ; mais même ainsi accompagnée, la diplomatie ne réussit pas toujours à réfuter les menaces impérialistes.
Constituer une force armée est donc nécessaire.
Toute force armée se recrute et s’organise autour des missions de la violence : la guerre étant un des moyens de la politique souveraine, c’est l’économie politique de la paix qui détermine les missions pour desquelles la Nation pacifiste constitue ses forces armées : en cas de guerre, l’économie politique de la paix ne cesse pas : c’est elle-même qui fait face.
La Nation pacifiste prend les armes lorsqu’a lieu une invasion ou une tentative d’invasion de son territoire par une force armée étrangère : il s’agit essentiellement d’interdire qu’une puissance étrangère lui impose une loi dont son peuple ne veut pas.
La mission des armes de la Nation pacifiste est de détruire toute unité des forces armées ennemies qui se serait introduite, tenterait de s’introduire sur le territoire de notre Nation ou le bombarderait, jusqu’à ce que le ou les agresseurs consentent à mettre fin à la guerre en signant un traité de paix et en le respectant.
Les missions de maintien de l’ordre sont des missions de police : les forces de police du territoire ont pour fonction de maintenir l’ordre légal et institutionnel de notre vie sociale sur le territoire national, et les forces de police aux frontières ont celle de veiller à la conformité à nos lois et règlements de tout franchissement de nos frontières.
Les forces de douane ont pour mission de contrôler la conformité à nos lois des échanges commerciaux, sur le territoire national comme aux frontières.
Pendant que la guerre fait rage, la police du territoire, la police aux frontières et la douane combattent toute tentative de détruire notre économie politique de la paix.
Pendant que la guerre fait rage, la diplomatie continue d’exécuter la mission que la Nation pacifiste lui a confiée : elle maintient praticables une ou plusieurs voies de négociation directe ou indirecte, qui peuvent être informelles, par lesquelles commenceront les négociations de paix.
[1] - Ce cadre motivait la réorganisation de nos armées en groupements projetables dans des théâtres d’opérations qualifiés « d’extérieurs » pour ne pas avouer qu’ils sont véritablement étrangers...
Ne soyons pas dupes : ces opérations guerrières sont très spéciales, ayant lieu à l’extérieur de nos frontières, donc bien réellement à l’étranger...
[2] - L’adjectif qualificatif régalien est dérivé du mot latin rex, regis, qui désigne le roi ; il qualifie toutes les caractéristiques du pouvoir d’un roi de droit divin. En droit d’Ancien Régime, les intérêts souverains étaient régaliens ; la Révolution française les a soumis à l’autorité du peuple souverain, c’est-à-dire de la Nation. Sans encore le dire, le président Macron met en pratique un concept régalien des fonctions de président de la République : or un tel concept est anticonstitutionnel dans notre République...
[3] - nos communes, nos cantons, nos syndicats intercommunaux (à ne pas confondre avec les « intercommunalités » que l’Etat substitue aux syndicats intercommunaux afin d’écraser les communes) et nos départements.
[4] - La mondialisation du système capitaliste ne saurait conduire à la paix
[5] - Rappelons que l’Europe est un continent qui s’étend de l’Océan Arctique à la Méditerrannée, à la Mer Noire et au Caucase et de l’Océan Atlantique à l’Oural et à la mer Caspienne.
[6] - V. I. Lénine, la grande trahison de la social-démocratie
[7] - Jean Jaurès, citant Robespierre dans l’Armée nouvelle.
[8] - Voir Jean Jaurès, l’Armée nouvelle