Ami de l’égalité

Vers l’insurrection pacifique

... et populaire, républicaine et démocratique

mardi 26 octobre 2010, par Jean-Pierre Combe

- Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs (Article 35 de la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen, qui est le préambule de la Constitution de l’an 1 de la République).

- Je lis sur le site du comité Valmy que l’Arc républicain de Progrès juge possible et souhaitable une insurrection populaire, républicaine, pacifique et démocratique ; je suis du même avis, mais c’est un avis paradoxal, au sens propre de ce terme : il faut s’expliquer !
- Le gouvernement réactionnaire de la France juge nécessaire d’y faire face : c’est ce qui l’a conduit  lâcher contre les manifestations les chiens, je veux dire les « casseurs », dont nous savons tous qu’ils sont manipulés par les structures non officielles de l’Etat bourgeois (lesquelles structures sont illégales et contraires  la constitution).
- L’éventualité d’une insurrection populaire républicaine pacifique et démocratique étant posée, je constate que le gouvernement de la France et l’Arc républicain de progrès sont d’accord sur sa possibilité ; ils sont bien évidemment en désaccord sur son caractère souhaitable : notre gouvernement a lâché les « casseurs » afin de dévoyer le mouvement actuel vers la violence, ce qui lui permettrait de le mater, car il dispose de tous les moyens nécessaires  la répression d’une insurrection violente.
- La question qui se pose  nous est donc la suivante : comment pouvons-nous combattre ces tentatives de dévoiement, comment conférer  ce mouvement le niveau politique nécessaire  son heureux aboutissement, et en cas de nécessité, comment le porter au niveau insurrectionnel tout en lui gardant ses caractères de revendication pacifique et démocratique ?
- La nécessité de faire monter le niveau politique du mouvement résulte du caractère unilatéral, dictatorial, que ce gouvernement donne  sa décision de réformer les régimes de retraite dans un sens réactionnaire ; ce caractère dictatorial, il l’a déj donné  nombre de ses décisions précédentes, et notamment  celle de légaliser l’application de la prescription (trentenaire) aux crimes de guerre : il nous oblige par l  envisager l’insurrection.
- La lutte actuelle peut se transformer en une insurrection si son niveau politique devient tel qu’il produit dans le peuple l’exigence (politique) de changer ce gouvernement pour un gouvernement décidé  satisfaire les légitimes revendications populaires, celles qui combattent les violences faites aux simples droits qu’ont les habitants de ce pays de vivre dignement, l’exigence (politique) de changer la constitution pour une constitution qui assure ce nouveau gouvernement assez fermement pour qu’il rétablisse notre économie dans la voie définie le 15 mars 1944 par le Conseil national de la Résistance.
- A quelles conditions cette insurrection peut-elle être pacifique ?
- Il faut pour cela que sa force et sa nature populaire soient telles, et d’une telle évidence, que les casseurs n’oseront pas s’y frotter, et que les policiers n’hésiteront pas  arrêter les casseurs,  les emprisonner et  les présenter aux juges d’instruction, même s’ils portent des cartes de service ou des coupe-files officiels.
- Il faut aussi que sa force et sa nature républicaine soient telles, et d’une telle évidence, que les militaires le considèrent comme leur mouvement, et refusent d’y voir l’action d’un quelconque ennemi.
- Il faut encore qu’il tire toute sa force de l’engagement évident de l’immense majorité des membres de notre peuple, et que cet engagement rende obsolète l’autorité des gouvernements réactionnaires, au point de provoquer l’effondrement du gouvernement réactionnaire en fonction.
- Pour écrire ces lignes je n’ai pas d’autre autorité que la mienne, celle d’un simple citoyen père de famille et aimant la vie. Je n’ai de titre que ma sincérité.
- Mais la sincérité est la force individuelle grâce  laquelle les citoyennes et les citoyens peuvent produire la force collective de leur nation.
- Le 20 octobre 2010, Jean-Pierre Combe

Réponse de Germinal, le 22 octobre 2010  21:44

- Il nous faut absolument prendre NOS affaires en main. Nous avons trop longtemps délégué notre souveraineté  des personnes qui n’ont, la plupart du temps, recherché que leur intérêt personnel ou/et nous ont trahis.
- Oui nous devons élaborer notre Constitution et nous donner les moyens de l’appliquer nous-mêmes !! Pour cela il nous faut absolument recouvrer la souveraineté qui nous a été volée et nous extraire de l’UE responsable des contre-réformes qu’on nous impose.
- Vive la Commune de Paris qui doit nous servir d’exemple !

- Réponse  Germinal
- Prendre nos affaires en mains en allant jusqu’ élaborer notre Constitution et nous donner les moyens de l’appliquer nous-mêmes, voil une idée excellente, et que j’approuve ; cela ne signifie pas que je croie que la rédaction d’un texte constitutionnel ou de tout autre texte politique résolve tous les problèmes : au contraire, je ne vois pas de solution hors de l’évolution du rapport des forces sociales ; il est aujourd’hui très en faveur de l’exploiteur capitaliste, et aussi longtemps que nous ne l’aurons pas inversé, que nous n’aurons pas obtenu que les travailleurs soient et restent plus forts que les capitalistes, la dictature bourgeoise pourra se déployer librement.
- Agir pour renverser le rapport des forces sociales, cela s’appelle revendiquer les droits des membres du peuple  vivre dignement, parce que ces droits sont légitimes : cela étant, je crois qu’il serait très efficace de joindre au mouvement de revendication un mouvement populaire d’élaboration politique aboutissant  produire notamment une constitution.
- Pour les principes de cette constitution, la Commune de Paris est une source très utile c’est vrai, mais elle n’est pas, et de loin, la seule source : nous devons puiser  l’ensemble du mouvement des luttes populaires qui se sont déroulées notamment depuis le commencement de la Révolution, pendant l’hiver 1788-1789, lorsque les paysans allaient s’emparer de force des titres de la propriété nobiliaire (de la propriété seigneuriale) et les br »ler... il faut notamment puiser  un moment important de quarante jours, la Conjuration des Egaux : lorsqu’il lançait cette conjuration, Gracchus Babeuf s’était donné pour objectif de parachever la Révolution et d’établir le régime de l’égalité politique et économique au moyen d’une insurrection pacifique... Il faut encore puiser aux luttes contre la marche  la guerre de 1914, aux luttes ouvrières pacifistes et progressistes de l’après-guerre de 1918, aux luttes pour le Front populaire, pour l’aide  l’Espagne républicaine ;  partir de 1939, il ne faut pas oublier la Résistance, le Conseil national de la Résistance et son programme, et son débouché, la Libération et les progrès imprimés  notre société par le mouvement populaire et ouvrier de l’après-guerre de 1944.
- Mais dans la rédaction d’un tel texte, il est de toute nécessité de respecter une règle : la rédaction ne doit pas précéder mais accompagner le mouvement, le suivre pas  pas ; son objet est le progrès des consciences, lequel fera tomber les obstacles qui s’opposent  la lutte et  la solidarité des travailleurs et du peuple ; et ce progrès ne résulte jamais de l’enseignement d’une théorie élaborée dans une tour d’ivoire.
- Il me reste une question : comment faire concrètement ?

Réponse de Jean-Jacques Boucher, le 23 octobre 2010  19h 39

- A chaque jour suffit sa peine.
- Le besoin d’insurrection qui se présente  nous n’est pas l’insurrection dont parle JP Combe.
- JP Combe a cependant le mérite de nous montrer les éceuils face  la volonté populaire transformatrice, la résistance d’un pouvoir prêt  lancer tous ces chiens, chiens de garde (médias) et casseurs avant de nous envoyer le rouleau compresseur de la police de classe et de l’armée (qui n’est plus l’armée de Valmy). JP Combe donne des indications précieuses sur les exigences que nous auront  déployer sur le plan pratique et organisationnel.
- L’insurrection d’aujourd’hui est de passer outre le vote de la loi sur les retraites par l’assemblée et le sénat.
- Les insurrectionnels d’aujourd’hui ont  savoir comment délégimiter les votes du parlement (sénat et assemblée), et leur promulgation par Sarkozy et continuer  l’instar de la lutte contre le CPE et obliger la réaction au retrait de cette contre-réforme.
- L’insurrection est une forme de lutte et un état d’esprit populaire avant d’être « la lutte » remettant totalement ou partiellement la nature de classe de l’Etat capitaliste.
- Ce qui se passe aujourd’hui montre peut-être que nous sommes au bout d’un processus de fascisation et au début du fascisme ???

- Réponse  Jean-Jacques Boucher
- Ce qui crée notre besoin d’insurrection, c’est que le gouvernement de notre pays impose les décisions de la grande bourgeoisie d’une manière tout- -fait dictatoriale, ce qui est la définition même du fascisme : le besoin d’insurrection est politique et nous n’en somme ni les inventeurs, ni les créateurs, ni les ordonnateurs.
- La pratique dictatoriale est particulièrement illustrée par l’opération de destruction du régime des retraites par répartition, c’est vrai, mais elle ne s’est pas limitée  cette opération : chaque fois qu’un gouvernement de la «  cinquième République  » a fait passer des lois par des votes bloqués ou par la discipline de sa majorité absolue au parlement, et la loi appliquant la prescription aux crimes de guerre en est un exemple, c’est sa nature dictatoriale qu’il manifestait : ces manifestations se sont multipliées depuis dix ans. La lutte  propos des régime de retraites est d’une nature telle qu’elle submerge les limites de nombreuses catégories sociales, et l’acharnement que met le gouvernement  détruire le principe financier de la répartition implique en réalité toute l’économie : il en est ainsi parce que la finance de répartition protège une partie (petite, mais très lourde de sens) de l’économie contre le prélèvement capitaliste du profit, et cela fait de la finance de répartition un problème essentiel de la politique ; on ne peut mettre en cause le vote de la loi sur les retraites, et encore moins passer outre ce vote, sans voir que ces implications sont politiques.
- Nous ne pouvons contribuer  la défense de nos régimes de retraites que si nous montrons tout ce que cela implique : il est légitime que les travailleurs et ceux qui les soutiennent aujourd’hui défendent chacune des implications du principe financier de répartition dans toute son étendue ; personne aujourd’hui n’est en droit, ni n’a la possibilité de dire jusqu’où ils veulent porter leur intervention : c’est pour cela qu’il y a lieu  insurrection ; il en résulte que nous devons cesser de limiter les objectifs pour lesquels se mobilisent les membres de notre peuple. Il faut, certes, savoir terminer une grève lorsque tous ses objectifs sont atteints ; or, les objectifs de celle-ci sont lointains : il faut réfléchir encore  l’action revendicative, et élargir ses moyens.
- Le retrait de la loi de démolition du régime de retraite par répartition est un objectif politique pour lequel les syndicats se mobilisent de manière tout- -fait légitime, mais cet objectif nécessite d’agir sur les deux plans, syndical et politique. Il n’est donc pas possible de parler de l’insurrection comme on parle de la grève : l’insurrection est un acte politique.
- Comment délégitimer les votes du Sénat et de l’Assemblée nationale et leur promulgation par le président de la République ? Nous n’avons pas  les rendre illégitimes, parce que le refus du peuple a détruit leur légitimité ! C’est en même temps l’une des conditions qui créent le besoin d’insurrection.
- Quelle insurrection peut-elle avoir lieu ? Il n’y a que deux possibilités : ou bien elle sera pacifique, ou bien elle mettra la violence en œuvre.
- Si elle met la violence ouverte dans la panoplie de ses moyens offensifs, alors la grande bourgeoisie mettra en œuvre contre elle tous les moyens de la violence de l’Etat conjugués aux moyens de violence propres  la bourgeoisie, dont certains sont strictement économiques et d’autres sont para-policiers et para-militaires, d’ailleurs illégaux et contraires  la constitution : en résumé, tous les moyens fascistes de la violence.
- Si l’insurrection fonde son offensive sur les droits des travailleurs et de leurs alliés, s’abstient de prendre l’initiative de la violence et restreignant l’usage de la violence  la défense des membres du peuple contre la violence, directe ou téléguidée, de la grande bourgeoisie, elle sera pacifique ; elle peut alors réussir, et mon intervention du 20 octobre 2010 ne dit rien d’autre que ce que sont  mon avis les conditions d’une insurrection pacifique ; en la matière, la seule chose qui dépend de nous, ce sont les moyens de notre lutte.
- Quant  savoir ce que deviendra le gouvernement bourgeois, si nous pourrons ou non le remplacer par un gouvernement populaire, vous m’excuserez, mais je ne lis pas dans le marc de café : je dis seulement que parmi les femmes et les hommes qui ont l’ambition de servir le peuple travailleur, nul n’a le droit d’interdire au mouvement populaire de renverser un gouvernement attaché  réprimer les droits du peuple !
- Je conclus ce message : je crois avoir dit ce que je considère comme l’essentiel, il faut maintenant que chacun réfléchisse et fasse avancer ses positions ; désormais, je lis ce que disent les autres,  la recherche de ce que leurs contributions apportent aussi d’essentiel. Cordialement  tous !

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