Ami de l’égalité
Accueil > Problèmes de la paix > Commémorer et saluer la victoire du 8 mai 1945

Communiqué de l’Association de Renaissance communiste de la Corrèze (ARC19-PRCF)

Commémorer et saluer la victoire du 8 mai 1945

dimanche 10 mai 2015, par Jean-Pierre Combe

- Cette victoire d’une coalition formée par l’URSS, la Grande Bretagne, les USA et la France Libre mettait fin à une guerre longue et cruelle qui a ravagé l’Europe, et annonçait la fin prochaine des combats en Asie.

- Cette guerre était venue de loin : elle continuait la violence appliquée aux peuples des pays centraux par les partis fascistes et nazis : des partis violents, qui s’arrogeaient le droit de tuer, et par des Etats dont les gouvernements inscrivaient dans les lois et pratiquaient la hiérarchie des races, l’ordre inégal et l’arbitraire qu’ils héritaient des régimes d’ordre divin ; ces Etats servaient avec obséquiosité les plus gros propriétaires de terres et d’autres capitaux de leurs pays.
- Partie de la Hongrie en 1918, la formation de ces Etats s’est répandue en Italie, dans la péninsule balkanique, en Pologne, dans les pays baltes, puis en Allemagne et en Autriche : tous ces partis violents et ces gouvernements justifiaient la violence appliquée à leurs propres peuples en désignant la Russie soviétique, puis l’URSS comme leur ennemi principal.
- Personne en Europe ne doutait de l’agressivité de ces Etats.
- En France et en Angleterre, certains s’en félicitaient et disaient ouvertement leur espoir de constituer ces pays de la même manière violente, inégalitaire et raciste en portant à leurs gouvernements de tels partis.
- Leur influence rendit les gouvernements français et britanniques sourds aux appels à la formation d’une alliance capable de faire barrage aux prétentions guerrières de l’Allemagne nazie et de ses alliés.
- Leur surdité conduisit le gouvernement soviétique à éloigner de ses frontières les armées des alliés de l’Allemagne : elle le fit en 1939 en Pologne et dans les pays baltes en appliquant les clauses du pacte de non agression signé par Molotov et Ribbentrop, puis en Carélie.
- Cette même surdité poussée jusqu’à l’absurde permit aux armées des pays nazis et fascistes de conquérir toute l’Europe sauf l’Angleterre, puis de se lancer à l’assaut de l’URSS, assiégeant Léningrad et parvenant à trente kilomètres de Moscou. Alors, Londres et Washington consentirent à ouvrir les yeux et les oreilles, mais l’aide matérielle n’est venue qu’après la bataille de Stalingrad !
- Car aussi, les dimensions des territoires conquis par les armées fascistes et nazies font apparaître les positions prises par l’armée et la flotte rouges au cours des années 1939 et 1940 pour ce qu’elles sont : des précautions défensives pouvant au plus retarder l’invasion de quelques jours ; ces mêmes dimensions font la preuve qu’avant l’année 1939, l’URSS ne s’était pas préparée à la guerre : elle comptait bien davantage sur la loyauté des gouvernements français et britanniques !...
- Sa première victoire, l’armée rouge l’a remportée devant Moscou, repoussant l’envahisseur de plus de cent kilomètres et brisant les derniers espoirs hitlériens de guerre-éclair ; cette victoire n’est pas tombée du ciel, et le « général Hiver », sévissant aussi bien contre les soldats rouges que contre les soldats allemands, n’y est pour rien.
- Ce qui a fait cette victoire, ce sont les unités grandes ou petites de l’armée rouge qui se retiraient en combattant l’ennemi, de coups d’arrêt suivis de contre-attaques en coups d’arrêt suivis de contre-attaques, ou qui combattaient pour rompre l’encerclement : avancer coûtait cher à l’envahisseur.
- Ce qui a fait cette victoire, ce sont ces groupes de partisans qui se formaient dans les populations des territoires occupés, et qui harcelaient l’ennemi : l’occupation coûtait cher à l’occupant.
- Ce qui a fait cette victoire, c’est l’extraordinaire sauvetage de l’industrie soviétique d’armement, démontée machine par machine, four par four, atelier par atelier, transportée jusque dans l’Oural et remontée, sans interrompre la production plus de quelques semaines, de telle manière que l’Armée rouge n’a jamais souffert du manque de ses armes ni de son matériel !
- Ce qui a fait cette victoire et préparé toutes les suivantes, ce sont en définitive les citoyennes et les citoyens soviétiques défendant leur terre avec leurs mains et leur intelligence.
- Ils l’ont payée au prix fort : vingt-sept millions d’entre eux sont morts de cette guerre ; parmi ces morts, neuf millions ont été tués au combat ; parmi ces militaires tombés, il y a trois millions de communistes.
- Il est vrai aussi que cette victoire fut celle d’une coalition, qui s’est formée au cours de la guerre : résistant aux bombardements de la Luftwaffe, la Grande-Bretagne était alliée de fait de l’URSS dès 1940 et seule en Europe ; en France par contre, le maréchal Pétain avait mis fin à la République, proclamé l’Etat français qu’il avait aussitôt allié à l’Allemagne hitlérienne et à l’Italie mussolinienne, favorisant par son principe corporatif l’intégration de l’industrie française à celle de l’Allemagne, permettant aux SS de recruter en France, et recrutant lui-même une Légion de Volontaires français contre le Bolchévisme, pour l’envoyer combattre l’URSS dans les rangs de l’alliance nazie-fasciste.
- Mais en France, tout le monde n’obéïssait pas : l’invasion du pays n’était pas achevée qu’une vingtaine d’appels à résister étaient lancés et diffusés dans tout le pays ; les deux plus célèbres sont aujourd’hui celui du général De Gaulle, lancé le dix-huit juin à la radio de Londres, et celui du parti communiste français signé de Maurice Thorez et de Jacques Duclos, publié le dix juillet et diffusé clandestinement dans toute la France pendant tout l’été ; les sabotages commencèrent à la fin de l’été 1940, et les attentats au début de l’automne : la Résistance s’est ensuite amplifiée non sans pertes, mais sans cesse, jusqu’à culminer dans l’insurrection nationale libératrice de l’été 1944.
- Tous les Résistants étaient conscient de combattre le même ennemi que l’Armée rouge : partout, on suivait les mouvements du « front de l’est », et certains les reportaient sur des cartes ; la bataille de Stalingrad était suivie jour après jour, et la Résistance s’en servait pour provoquer l’ennemi en traçant sur nos murs, là où les occupants auraient le plus de chance de le lire, la nouvelle : « Stalingrad n’est pas pris ! »
- Notre Résistance a vaincu le fascisme français, entravé les mouvements des régiments et divisions nazies de manière à assurer la réussite du débarquement allié de Normandie ; elle a ainsi fait la place de la France libre que le Général De Gaulle a dignement représentée aux côtés des Alliés dans l’accomplissement de la victoire antifasciste de 1945.
- Nous attendions de cette victoire qu’elle libère en Europe et dans le monde entier le développement de la liberté, de l’égalité en droits et qu’elle assure la paix sur la Terre.
- Mais aujourd’hui, après soixante-dix ans, il faut de nouveau sonner l’alarme : le racisme, le fascisme, le nazisme renaît dans toute l’Europe.
- Comment se fait-il que les gouvernements de la France, de l’Angleterre, de l’Italie, de l’Espagne et des USA apportent aux bandes nazies qui ravagent l’Ukraine une aide sans laquelle ces bandes seraient déjà vaincues ?
- Comment se fait-il que des groupes politiques continuateurs de tous les racismes, de tous les fascismes, violents au point de s’arroger le droit de tuer, se forment à nouveau dans tous les pays d’Europe, et bénéficient souvent de la protection de la police contre les citoyens avides de liberté, d’égalité en droits et de paix ?
- Nous ne pouvons pas permettre à ces groupes violents de répandre leur violence et leurs dénis de justice : rappelons les serments que prononçaient les déportés au moment de quitter les camps de concentration dont les gardiens avaient fui, de ne jamais oublier leurs souffrances et de ne jamais cesser la lutte contre le fascisme !
- Tenons ces serments et luttons pour battre enfin les continuateurs de tous les racismes, du nazisme, du fascisme.
- Soyons solidaires des membres des peuples, quelles que soient les langues qu’ils parlent et quelle que soient leurs religions et leurs philosophies, qui se dressent contre la renaissance et l’arrogance des fascismes !

Faisons vivre la victoire du 8 mai 1945 !

Vivent la liberté et l’égalité en droits !

Vive la paix !

- Tulle, le 7 mai 2015

- Pierre Pranchère, ancien résistant,ancien député européen
- vice-président du Pôle de Renaissance communiste en France

- Jean-Pierre Combe, chef d’escadron d’artillerie honoraire, ORSEM
- secrétaire départemental de l’Association corrézienne de Renaissance communiste ( PRCF )

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0